Rebecca & Fiona, c'est tout ce qu'il me reste de cette période où j'aimais les girls band. Surtout quand il était constitué de japonaises. Choisir une chanson que l'on doit à un girls band, c'était, à l'époque, atterrir sur une toute autre planète. Brusquement, tout devient chantant, il y a d'autres couleurs et d'autres saveurs dans l'air, les mots ne sont plus les mêmes et les gestes non plus.

Rebecca & Fiona ont ce pouvoir. Chaque mot qui sort de leur bouche, chaque parole de chaque chanson se teinte de ce petit quelque chose si particulier. Deux voix qui s'unissent pour entonner un refrain joyeux, psalmodier des mots doux ... Certes, on ne s'échappe pas de ce goût qu'à la progressive-house pour les paroles très simples (souvenons-nous du "I could be the one to make you feel that way" d'Avicii, du "You make me feel like home" de Nervo et du "Don't you worry child, see heavens got a plan for you" de Swedish House Mafia). La fragilité des paroles du premier album me plaisait bien plus, j'y voyais une certaine profondeur. Ici, ce n'est plus vraiment le cas, mais le mélange paroles-mélodies est bien pensé, ce qui donne une harmonie à l'album. Cependant, si on les sépare l'un de l'autre, mh, c'est moins brillant, il faut le reconnaître.

Ce que j'aime énormément, chez ces deux nanas, c'est leur énergie, si bien retranscrits par un mélange house x disco x pop. Place à une musique efficace, qui accompagnera très bien le soleil. C'est chantant, oui, mais c'est aussi touchant, enrobé de douceur et d'énergie vivace.

Et puis, Rebecca & Fiona, ce sont aussi deux petites pin-ups new age, aux longs cheveux bariolés, aux tresses impressionnantes, aux compensées vertigineuses. Elles emmènent avec elles, où qu'elles aillent, leur style. On pourrait les croire sœurs. Leur duo, dans son esthétique, ne manque pas de s'inscrire dans un délire "girls band" (je le répète), où les tenues ont leur importance, ainsi que toute une pantomime. Elles véhiculent avec elles une image qui colle très bien à leur musique. Rebecca & Fiona, sur la scène de l'electro, se détachent du reste par cet univers, cette sensibilité particulière (quand on sait que, sur la scène électro, et plus particulièrement progressive-house et electro-house, il est plutôt facile de donner vie à des sons mélodieux qui plairont à un très grand nombre, c'est un exploit).

"Beauty is pain" est un album beaucoup moins vif que "I love you man". C'est encore autre chose, d'où cette nécessité à les écouter de deux oreilles différentes. Certes, c'est différent, mais il vaut mieux que des artistes évoluent plutôt qu'ils stagnent, non ?

Cet album est (donc) à séparer radicalement du premier, sous peine de se perdre en mauvaises comparaisons. Lancez-le en aléatoire, ouvrez vos fenêtres, installez-vous sur votre terrasse, et vous verrez, vous finirez par sourire et chanter.
Neena
7
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le 2 juin 2014

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