Earth poursuit sa déconstruction sonore sans pédantisme. Le son monolithique d'Earth 2 n'a pas complètement disparu, mais laisse davantage de place à la mélodie, apportant une mélancolie nostalgique de souvenirs d'enfances qui n'existent pas. Les riffs minimalistes sont une base sur laquelle le son des guitares devient le protagoniste. On croirait parfois entendre un album de shoegaze.
Certains titres ne se refusent pas pour autant une abstraction de composition absolue. Phase 3 s'en affranchit tout à fait, étirant sur plus de 12 minutes un white noise boosté au phaser (réussir ça avec une guitare, c'est une prouesse technique).