The Last Witness
The Last Witness

Album de Zealotry (2016)

Voilà une sortie tech death des plus intéressantes.
Ce groupe fondé par Roman Temin en 2005 n’en est qu’à son second album avec ce Last Witness.
Sur le premier, The Charnel Expanse (2013), figurait du beau monde : hormis le line-up fixe du groupe qui compte notamment le jeune Canadien Philippe « Pat » Tougas (gratteux chez Serocs et First Fragment entre autres, ce dernier sortant son premier album chez Unique Leader cette année), on retrouvait en guest Lille Gruber (Defeated Sanity, Twitch Of The Death Nerve) et Shaun Kelly (ex Hate Eternal et Ripping Corpse), Jacob Schmidt (Defeated Sanity) à la production et la couverture avait été réalisée par Turkka Rantanen (frère du leader d’Adramelech), illustrateur emblématique du death old school finlandais.
J’ai vu passer cet album à l’époque, mais ne me suis penché dessus que récemment : du bon tech death, qui a des références plutôt anciennes, avec des riffs torturés à la Immolation mêlé à du Gorguts. A cause de la couverture, on pense aussi au Nespithe de Demilich en l’écoutant. Je trouve que la production ne met pas assez en valeur des compos qui manquent aussi un peu d’accroche, malgré un bon niveau global.


De Memento Mori, Zealotry est passé à Lavadome, label qui me paraît plus conforme à la teneur de cet album.
Le groupe a recruté un batteur à plein temps désormais et la basse est assurée pour les sessions d’enregistrement par un certain Aodán Collins.
L’équipe de production a totalement changé, ce qui ne semble pas être un mal : en effet, le son est bien meilleur, plus net, plus puissant, moins brouillon ; ce qui est une excellente chose, au vu de la complexité des compos.
Car Zealotry fait toujours dans le riff alambiqué, avec des rythmiques parfois complexes et difficiles à suivre. A ce titre, le batteur Alex Zalatan n’a pas grand-chose à envier à Lille Gruber.
En plus d’être très technique, basée essentiellement sur du mid tempo, la musique de Zealotry révèle ici des colorations progressives, avec quelques plans mélodiques du meilleur effet, comme sur le très bon Progeny Omega avec son passage aux claviers et la courte intervention de chœurs au milieu du morceau.


Les influences (Gorguts, Immolation, même un peu Mithras je trouve) sont encore perceptibles, mais de moins en moins. Je trouve que le groupe parvient à créer son propre univers ; le concept de l’album est apparemment inspiré par l’œuvre d’Arthur C. Clarke et relate la fin de l’Humanité.


Niveau maîtrise technique, rien à redire, ils sont sacrément bons ; mention spéciale aux quelques excellents solos exécutés avec finesse et précision. Et le chant de Roman Temin a un peu progressé, même s’il reste monotone et très en retrait par rapport au reste.


Il manque encore à ce groupe un petit quelque chose à lui et des morceaux un peu plus marquants, plus percutants oserai-je dire. Il y a encore quelques longueurs auxquelles il faudrait remédier.
Mais je trouve cet album très au-dessus du premier, à tout point de vue.


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Man_Gaut
7
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le 6 juin 2016

Critique lue 57 fois

Man Gaut

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