Tous les spécialistes de ce genre de musique (neo-soul, hip-hop ?) vous le diront : cet album est peut-être un chef d'oeuvre et a minima, fera date dans son genre.
C'est dur de s'ouvrir à une musique dont on n'a pas tous les codes. Je veux dire : je comprends la soul, je comprends le hip hop (et encore, depuis les années 2000, je m'ennuie si l'expression n'est pas francophone), mais je ne comprends pas la neo-soul, qui serait, pour le rocker, une forme de soul innovante, un peu déstructurée.
Mais, pour ne pas aimer, pour ne pas comprendre, il faut d'abord s'y intéresser. Sinon, on peut juste dire qu'on ne s'y intéresse pas (en réalité, dites bien ce que vous voulez). J'ai écouté. Je reconnais une production musicale de haute qualité. Je reconnais un concept album autour de la mère de l'auteur, même si tout ne tourne pas autour de ça (quoique : pour un homme, tout ne tourne-t-il pas autour de la mère ?). Je reconnais parfois du plaisir, même.
Mais je reconnais pas de chef d'oeuvre : c'en est peut-être un authentique, mais je n'arrive pas à récupérer les codes. Et encore, je les capte mieux que ceux de l'afrobeat, un genre auquel je reste hermétique.
Je suis content d'avoir tenté ma chance. Peut-être la retenterai-je, mais écouter de la musique, c'est quand même y prendre un certain plaisir, s'y retrouver, s'y lover. La musique doit générer des émotions, et ce n'est pas nier la qualité d'une musique qui ne t'en procure pas que de ne pas l'apprécier. L'art, c'est aussi des émotions. Mais la curiosité, c'est l'ouverture à la différence.