Malesch
7.8
Malesch

Album de Agitation Free (1972)

Ce premier album est inspiré par un voyage d’échanges culturels à l’initiative de l’institut Goethe de Berlin (nous sommes donc là bien loin d’une quelconque contre-culture underground) ponctué de concerts en Grèce, à Chypre, au Liban et en Égypte. Le groupe nous proposent un voyage musical bien dans l’air du temps de ce début des années soixante-dix, un voyage sans but ni destination, une errance portée par l’inspiration du moment, un road-trip hallucinatoire, une histoire sans paroles.

Malesh est un mot arabe apparemment très utilisé en Égypte et signifiant à ce que nous avons pu comprendre « te fais pas de bile », illustrant bien là le fatalisme proverbial des peuples musulmans. C’est bien décrire l’état d’esprit des cinq musiciens maîtrisant leur instrument et registre respectifs où chacun à sa place et son rôle à jouer sans qu’aucun empiète sur celui de l'autre pour former un tout cohérent quoique différencié. Nous avons au final un ensemble bien équilibré.

A nos yeux, le seul point faible de l’album est le deuxième morceau, une improvisation cafouilleuse et pointilliste en petites touches et qui ne se décide jamais à se mettre véritablement en route. C’est à la musique ce que l’art contemporain est à l’art, c’est-à-dire une fumisterie. Le groupe aurait-il eu du mal à remplir son album ?

Le reste de l’album est quant à lui d’un tout autre niveau, du morceau qui ouvre l’album avec sa nappe et sa basse efficace jusqu’au bien nommé « Rücksturz » ( « retombée » en allemand dans le texte) qui ré-expose le thème d’ouverture pour boucler la boucle et clore ainsi le voyage du héros.

Cet album est riche notamment d’effets stéréo maîtrisés, d’influences parfois inattendues (le gamelan), de jeu de potentiomètre sur une boucle de synthétiseur que n’aurait pas renier Pink Floyd. Cela effleure parfois la dissonance mais c'est alors avec une politesse toute teutonne pour employer un archétype national. Il y a encore bien d’autres choses à découvrir dans cet album mais nous voulons en laisser à l’auditeur que nous aurions convaincu de jeter une oreille attentive à cet opus.

Joe-Penhauer
7
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le 1 févr. 2025

Critique lue 5 fois

Joe Penhauer

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