C’est le seul album du groupe Ancient Grease (un calembour digne de Philippe Bouvard) et c’est un peu dommage, tant nous aurions voulu voir comment tout cela aurait pu évoluer. Mais nous sommes en 1970, la concurrence est rude et c’est l’âge d’or pour encore quelques années. De prime abord, on pourrait croire avoir affaire à un énième groupe heavy-psyché-blues-mesgonades de troisième division mais cela serait juger un peu vite en besogne. Certes, cela peut être velu, groovy et gras mais ce n’est pas dans ce registre qu’à nos yeux le groupe gallois tire son épingle du jeu. Les chansons blues sont correctes mais somme toute assez convenues. Cela serait plutôt dans les ballades et les morceaux pop qui flirtent avec le prog mais sans jamais être pompier que le groupe montre sa meilleure facette. Elles recèlent un petit côté laid-back west coast et in fine sont les véritables perles de cette galette. Les atouts essentiels de cet album sont d’une part les compositions et arrangements, de hautes factures, et d’autre part le chanteur dont le style et le grain de voix nous fait penser à Rod Stewart et même parfois à Jim Morrison dans les parties les plus hard-blues.
S’il ne fallait écouter qu’un morceau, nous vous conseillons « When the snow lies forever ».