Que penser réellement de cette "Alice au Pays des Merveilles" manifestement formatée pour un large public et avouons-le sans grande audace mais pourtant séduisant à certains égards? Car il faut reconnaître une nouvelle fois à Tim Burton (bien que cela ne soit pas son esthétique habituelle) un travail assez incroyable quant à l'univers qu'il a su instaurer autour de la jeune héroïne, les différents personnages secondaires s'avérant quant à eux globalement réussis car jamais sacrifiés (le Chat du Cheshire, la Chenille Absolem ou encore le Chapelier Fou joué par un Johnny Depp curieusement peu convaincant...) et qui s'avèrent les réels points positifs de l'entreprise. De l'autre, au-delà du côté très "grand spectacle" oubliant quelque peu d'explorer les peurs qui faisaient l'une des richesses du roman de Lewis Carroll, force est de reconnaître que le scénario, partant pourtant de la très bonne idée de faire revenir Alice des années plus tard dans le monde imaginaire, n'en est resté qu'au stade des bonnes intentions. Plusieurs longueurs, des situations trop peu fouillées et un délire sans doute poussé pas assez loin : nul doute que l'on espérait mieux de ce point de vue là, et ce quelques bonnes scènes de-ci de-là et un humour parfois efficace permettent au film de rester globalement agréable, la bataille finale rehaussant quelque peu le niveau du film... Au final le résultat est certes honorable et manifestement au-dessus des spectacles familiaux que l'on à l'habitude de nous proposer, mais reste que l'on est évidemment plus exigeant avec un cinéaste de la trempe de Tim Burton qu'avec un vulgaire faiseur, et qu'il n'est donc pas impossible de ressortir de cette aventure quelque peu déçu, à défaut d'être réellement mécontent.