La dernière minute sauve un peu le film mais penser que Les Graines du figuier sauvage a été privé de Palme face à Anora me plonge dans des abîmes de perplexité.
Tout n’est pas à jeter dans ce film. La réalisation a du chien (ou de la chatte pourrait-on dire), nerveuse malgré quelques longueurs. Le scénario même si exempt de surprise tient la r(o)ute, les acteurs ont des gueules, la gaule, sont naturels, expressifs mais alors … mais alors …
Le dernier jury de Cannes et Sean Baker sont montés dans la Delorean de Retour vers le futur. Ce long-métrage a vingt ans de retard. Il n’y a pas de point de vue assumé, offrant un male gaze fadasse élimé jusqu’à la corde. Les dialogues sont aussi pauvres que le champ lexical de Donald Trump avec le mot fuck en fil rouge singulier.
« Il met tout le monde d’accord. Il y a quelque chose de séduisant. Il joue sur du velours. Il est très soucieux de la séduction ». J’ai beau chercher la séduction se dérobe à mon regard. Les gros plans sur les fesses de Mickey Madisson ?
L’idée n’est pas de dire que l'univers d'ancrage - les clubs de prostitution, les ultra riches - n’existe pas et ne mérite pas une récompense suprême, mais en 2024 on n'a plus le droit d'y poser sa caméra comme si l'on vivait dans les années 90.
Ça reste efficace, divertissant et pour ma part c’est oublié … aussi vite qu’Anora fait jouir ses clients.
Morale : tous des porcs et toutes des salopes. "God bless America" comme le dit Vanya.