C'est bien connu, l'argent ça va, ça vient. Il ne faut pas s'en faire pour ça, même quand on a une dette d'un demi million de livres envers le prince de la ville, vendeur de godmichet et impulsif coupeur de doigt. La roue finit toujours par tourner d'une manière ou d'une autre. Ainsi Guy Ritchie nous interroge sur la désespérante vacuité de nos rêves et de nos projets face à l'incroyable puissance du cauchemar d'Einstein : le hasard.
Pourquoi inventer des combines foireuses du genre braquer des braqueurs de dealers de canabis pour faire fortune rapidement? Attendons que la fortune croise notre route, mais en prenant bien garde, contrairement à nos quatre protagonistes, de savoir reconnaitre la fortune qui nous tend les bras.
Bien piètre exemple pour notre jeunesse que ce microcosme des bas quartiers londoniens abritant petit branleurs en tout genre, escrocs minables, botanistes défoncés, braqueurs amateurs. Vraiment? A ce jeu de la mort et du hasard personne ne sort gagnant, car le crime ne paie pas. Et le hasard choisi son champion de manière bien mystérieuse.
Et les candidats sont nombreux, tous plus pathétique les uns que les autres. Guy Ritchie peint un portrait peu flatteur da la capitale d'Albion la perfide, qui n'a jamais autant méritée son surnom. Un monde où tous les coups sont bons pour éjecter ses concurrents.
On suit avec un grand intérêt cette course effrénées à la fortune, aux multiples imbrications, souvent inattendues. Pas une seule scène ne vient freiner le rythme de l'histoire. Toutes sont réalisées avec la même perfection ritchiesque, un style très particulier qui divise mais dont je suis friant. La photographie vintage comme un portrait de famille jauni va de pair avec une bade son qui met à l'honneur les standard punk, funk, ou reggae (j'adore notamment la reprise reggae de "Police and Thieves" des Clash).
J'ai découvert ce film quand j'avais à peine 18 ans, l'âge idéal pour apprécier ce genre d'histoire. Le côté affectif y est sans doute pour quelque chose dans l'admiration que je porte à ce film et à Guy Ritchie en général. Je plaide coupable monsieur le juge. Depuis je le remate régulièrement toujours avec le même plaisir, et les mêmes rires quand le mec en feu sort du Samoan Pub. Les dialogues parfois surfait et les acteurs globalement moyens ne font que gratouiller l'énorme couche de jouissance qui m'enrobe devant ce qui est le meilleur film de Ritchie, et un de mes films préféré.
Et une médaille du mérite pour Vinnie Jones, l'ancien footballeur broyeur de noix, qui est au-dessus du splendide dans le rôle de l'homme de main/père modèle.