Marc est chanteur itinérant. Après un concert dans un hospice, il reprend la route mais tombe en panne au beau milieu de nulle part. Il trouve refuge chez un aubergiste. Si ce dernier s’avère accueillant, on ne tarde pas à découvrir qu’en réalité, ce dernier est psychologiquement instable et que Marc va en faire les frais…
Pour son premier long-métrage, le réalisateur belge Fabrice Du Welz (Inexorable - 2022) nous entraîne au fin fond de la Wallonie et plus précisément dans la Fagnes (région transfrontalière entre la Belgique et la France). Sur place, le décor est posé : une forêt lugubre peuplée de demeurés profonds et un aubergiste bienveillant qui va rapidement vriller
au point de kidnapper et humilier son invité (en l’habillant en femme, puisque ce dernier le prend pour son épouse qui l’a quitté il y a de cela plusieurs années).
C’est une brillante mise en abyme qui n’a rien perdu de sa superbe 20 ans plus tard. Particulièrement glauque et malsain, le voyage ne sera pas de tout repos pour le pauvre chanteur qui se retrouve pieds et poings liés
(voir même crucifié), avant de finir violé par une horde de chasseurs primaires (séquence hallucinante, filmée en plan séquence circulaire et aérien).
Un voyage en eaux troubles parmi par les bouseux les plus infréquentables de Belgique, superbement retranscrit dans des décors fantasmagoriques (la séquence finale avec le marécage) et une superbe photo que l’on doit au Chef op’ Benoît Debie. Calvaire (2005) est une oeuvre viscérale et jusqu'au-boutiste, superbement incarnée par Laurent Lucas et un casting de “gueules” (Jackie Berroyer et Philippe Nahon).
(critique rédigée en 2008, actualisée en 2025)
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