J’ai découvert la saga *Rocky* tardivement. Cela ne m’a pas empêché de m’attacher rapidement au personnage. Certes tous les épisodes ne sont de qualité égale mais la moyenne reste, à mes yeux, satisfaisante. J’ai également accueilli avec plaisir la naissance du spin off *Creed*. Je trouve ce nouveau personnage réussi et sa relation avec le célèbre boxeur à la retraite attachante et subtile. Mon agenda de l’époque m’avait empêché d’aller voir le second opus au cinéma. J’ai récemment comblé ce retard à la maison en regardant *Creed 2*.
On découvre Creed champion du monde. Il a atteint son but et devrait être épanoui. Ce n’est pas le cas. On le sent loin d’être apaisé intérieurement quand le fils de celui qui a tué son père sur un ring le provoque. Creed relève le défi et s’engage dans la préparation de ce combat. Mais le fait-il pour de bonnes raisons ?
L’histoire est centrée entièrement sur le personnage de Creed. Ses démons nous accompagnent du début à la fin. Sa volonté de toujours vouloir prouver et sa peur d’être jugé illégitime l’éloignent des siens. Il donne l’impression d’être un chien enragé qui avancerait comme un poulet sans tête. Ses pulsions semblent prendre le dessus sur sa réflexion. Ils s’éloignent ainsi de ses proches. L’interprétation de Michael B Jordan offre une crédibilité et une épaisseur au héros. J’ai alors naturellement ressenti beaucoup d’empathie à son égard.
Le rythme de narration est prévisible. Les étapes du scénario sont classiques : la colère, l’échec, la souffrance, le pardon, la résilience, le dénouement… Néanmoins, la recette reste correctement exécutée et le résultat ne présente aucun temp mort. Je me suis laissé porter et me suis attaché au destin du héros. Mon seul regret serait de ne jamais été réellement surpris par les événements. A contrario, j’ai pris plaisir à découvrir des moments sympathiques que j’attendais.
Creed est accompagné dans son parcours par deux personnes : Rocky et Bianca. Le premier, interprété par Sylvester Stallone est en retrait dans cet opus. Il incarne un grand sage toujours aussi touchant. On le sent seul et fragile. A chacune de ses apparitions, il m’a touché au cœur. Je trouve l’évolution de ce héros du cinéma remarquable. La seconde est Bianca, sa femme. Elle incarne le pilier du couple. Elle est une femme forte qui doit à la fois gérer ses angoisses et son mari avec courage et amour. Le personnage est classique mais l’interprétation de Tessa Thompson l’a rendu charismatique et touchante. Elle fait partie des atouts indéniables du film.
Dans un film se déroulant dans l’univers de la boxe, la qualité du méchant est indispensable. Dans cet opus, le bilan est mitigé sur ce plan-là. Viktor Drago n’existe que par sa filiation. Il manque de personnalité. J’ai trouvé le personnage peu travaillé. Il sert finalement uniquement de cause de la colère du héros. Il ne le sublime pas. Cela met en avant le fait que ce film est avant tout un combat intérieur. Mais cela reste également une petite déception…
Pour conclure, *Creed 2* est un film sympathique bien que sans surprise. Je l’ai trouvé moins intense sur le plan émotionnel que le premier opus. Les enjeux sont, à mes yeux, moins forts. Ils sont « capricieux ». Malgré tout, la recette est exécutée avec suffisamment de sérieux pour offrir un résultat divertissant qui m’a finalement plutôt plu…