(Critique V1.5)
Film très attendu des fans des Looney Tunes depuis l’annonce de l’annulation assez injuste de Coyote VS ACME, ce Daffy et Porky sauvent le monde est entièrement animé et a réussi par miracle à arriver au cinéma (chose qui n’était pas arrivé depuis le dernier Space Jam 2, qui avait fait un bide au niveau des critiques expliquant probablement l’annulation de CvA). Et c’est magnifique : on dirait les Daffy et Porky des années 40 dans un monde mélangeant modernité et film de SF/horreur des années 50 à 80.
Les puristes seront contents de voir le caractère fou-fou explosif de Daffy et la malchance d’un Porky bégayant dans un film reprenant des codes de film de type L’invasion des profanateurs de sépulture, ou encore Le Blob et La Chose d'un autre monde que ce soit les originaux des années 50 ou les remakes plus modernes. Les créatures étant juste remplacées par des extra-terrestes plus conventionnels ou une masse gélatineuse ressemblant à un chewing-gum vivant.
Daffy Twerke et #BalanceTonPorky (Mauvais points)
J’ai dit chewing-gum car nos compères travaillent dans une usine qui est à la fois exemple du capitalisme mondialisé, problème et solution du film. Nos compères voulant faire réparer le toit de leur maison léguée par le Fermier Jim, ils doivent trouver du travail mais le tempérament zinzin instable de Daffy les empêche dans un premier temps de rencontrer le succès.
On a même le droit à Daffy qui espère gagner du pognon en devenant influenceur et en faisant … du twerk (berk, heureusement son compte se fait ban et son Q explose … littéralement XD).
Je suis aussi un peu déçu du plot twist, empêchant ce film d’obtenir 8 ou 9/10 car autant on peut ne pas aimer le manichéisme, autant son absence peut nuire même à une production de ce genre.
L’alien envahisseur très très méchant voulait en fait juste sauver la Terre d’une météorite pour sauver « La Ressource » : les Bubble Tea ! Le chewing-gum mutant devait servir à protéger la Planète au moyen d’une bulle de buggle-gum géante mâchée et soufflée par les Terriens possédés.
Je sais bien que les Looney Tunes ne sont pas foncièrement le combat du Bien contre le Mal, mais je suis pas trop pour le "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" (même si le film du même nom est satirique et sarcastique), je trouve que ça gâche un peu les derniers 3/4 du métrage pour moi.
Enfin, gueulante un peu hors sujet : c’est un peu dommage et bizarre d’annuler Coyote VS ACME et de n’accorder qu’un essai timide à Daffy et Porky (en retard de 10 jours pour sa diffusion en France et pour le moment relégué aux petites salles dans certaines régions, ce qui laisse penser que Warner ne croit pas trop au succès de son produit).
À croire que le scénario leaké du premier offensait trop les pontes des Warner Bros qui se seraient sentis visés par la vision d’une ACME maltraitant et séquestrant des toons dans ses caves par cupidité (métaphore involontaire ou accidentelle), tandis qu’ils misent plus sur film appelant à t’en remettre au capitalisme d’une marque mondialisé de chewing-gum et à son scientifique sauveur ressemblant un peu physiquement au décrié David Zaslav (pour avoir annulé la série Batgirl, et justement Coyote VS ACME, probablement en redoutant un nouveau bide à la Space Jam 2). Bref je me comprend …
Bon, on a aussi des tropes habituels aux films de cartoons rigolos qui doivent faire face à un danger mortel plus sérieux, comme la mise à l’épreuve de l’amitié avec confrontation et réconciliation, l’utilisation pratique d’un défaut d’un héros, les pleurs, etc. Heureusement, ça reste compensé par son animation et son thème.
Les Looney Tunes repassent à l’action ! (Bons points)
Pour en revenir à l’animation, principal argument du film : elle mélange efficacement les codes des années 30-40 très connues pour avoir plusieurs genres dans un seul épisode typique des Looney Tunes (le personnage du Fermier Jim très bien peint mais peu animé en est un exemple hilarant). Et même si le chewing-gum est mis à l’honneur, le film se permet quand même des critiques quant à cet industrie (même si c’est assez léger voire cynique) au moyen du personnage de Petunia (petite amie de Porky).
Scientifique spécialiste du goût, elle fustige l’arnaque de la dernière gomme à mâcher à la mode (la même chose que la dernière sortie mais on a rajouté « Ultra Giga » dessus pour tromper les masses). Mais elle permet aussi de vaincre la menace venue de l’espace au moyen d’un lance-flammes ! Et les dialoguistes et animateurs se sont aussi permis de glisser quelques sous-entendus « cochons » comme dans beaucoup de vieux Looney Tunes (en tout cas toujours mieux que Daffy qui se secoue le popotin XD).
Et même s’il y a des tropes habituels comme critiquer puis utiliser le comportement autodestructeur chaotique de Daffy quand ça plaît à certains, bah en même temps Porky est pas tout rose cochon vu qu’il va demander à son pote canard de pondre des œufs (possible pour lui mais il reste un homme, à moins qu’il soit secrètement transgenre, ça reste aussi douloureux de produire à vitesse cartoonesque industrielle de son propre aveu), tandis qu’il va sauver le monde avec Petunia. Je ne spoilerais pas trop la raison pour vous laisser voir le long-métrage.
Nos héros reconnaissent même qu’ils ne sont pas super compétents pour vaincre une invasion de zombies possédés par des bubble gum venus d’ailleurs et c’est ironiquement les chaudes larmes qui les sauvent en référence à un conseil du Fermier Jim. Bref, malgré quelques habitudes de films d’animation déjà bien utilisées parfois jusqu’au trognon, ça fait du bien de voir les Looney Tunes avoir une autre chance au cinéma et pouvoir faire de l’humour slapstick et des grimaces défiant les lois de la physique pour sauver le monde encore une fois.