Une cata, Combs.
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From beyond est le film que Stuart Gordon a fait un an après son premier long-métrage, et son premier gros succès, Re-animator, lui aussi basé sur du Lovecraft. Je suis pas fan du réalisateur, et les notes sur ce film-ci ne sont pas très élevés, mais j’avais envie d’un film d’horreur rétro, avec une esthétique bien 80’s, des maquillages à l’ancienne, et un brin de kitsch ! From beyond semblait parfait pour ça.
Deux scientifiques, les docteurs Crawford Tillinghast et Edwar Pretorius, inventent un appareil dont les ondes stimulent la glande pinéale, le "troisième œil" pour certains. Cela a pour effet de faire apparaître des créatures dangereuses, qui nous entourent en permanence, mais restent habituellement invisibles.
Evidemment, l’expérience tourne mal, et Crawford, seul survivant, est interné. Mais la police cherche à savoir ce qui s’est passé, et le docteur Katherine McMichaels, la psychiatre chargée de Crawford, suggère de reproduire l’expérience.
Le problème est que, la glande pinéale contrôlant aussi la libido, l’expérience fait ressortir les pulsions des personnages, et Katherine devient accro à cette sensation. Et ça tombie bien, le docteur Pretorius était adepte de SM, et il a du matériel qui traîne encore par là. (par ailleurs, il passe la majorité du film à se balader nu).
Stuart Gordon ne maîtrise pas tellement la subtilité, pour preuve, la maison où se situe l’action se trouve au numéro 666, mais bon, c’est toujours mieux que dans les films de Brian Yuzna (qui est ici simplement producteur).
J’ai l’impression que tout a été fait pour que, pendant un temps, on doute que Crawford dise la vérité et ne soit pas effectivement fou : son comportement ambigu et dangereux, la façon dont il parle de son collègue défunt… Mais ça ne sert pas à grand chose, étant donné qu’on nous a démontré au début du film que l’appareil marche vraiment, par la présence des créatures. Elles sont sûrement là au début pour faire patienter l’amateur d’horreur, avant que l’appareil ne soit remis en marche bien plus tard, mais ça gâche cette opportunité de créer du suspense.
Au moins, le film ne déçoit pas mes attentes : le principal intérêt ce sont ces éléments typiques du cinéma d’horreur des années 80 : la science qui se résume à des appareils gigantesques et farfelus, des éclairages complètement barrés, avec une dominance de mauve et de rouge bien pétants, et des merveilles de maquillages et monstres en latex, tout gluants, bien dégueus et visuellement fort inventifs. Il y a quand même dans ce film des idées inédites (la façon dont la glande se développe…)
En revanche, si par moments les délires de From beyond sont réellement drôles, d’autres fois c’était risible car ridicule.
Un exemple parmi tant d’autres : Crawford qui est avalé par un ver géant, mais en ressort sans son t-shirt, chauve, et avec juste quelques ecchymoses.
Les acteurs en font des caisses par moments, et c’est souligné par la mise en scène, qui ne lésine pas sur les gros plans, les zooms et dézooms sur les visages. J’ai jamais trouvé que Jeffrey Combs était un bon acteur, là il surjoue comme dans tous les films où je l’ai vu, mais au moins il met en avant la justesse du jeu des autres, surtout Ken Foree et Barbara Crampton, qui au final sait se faire remarquer pour autre chose que son physique (encore plus "mis en valeur" que dans Re-animator !).
From beyond n’est pas un film bien brillant, c’est plutôt idiot, mais ça vaut clairement le détour juste pour les effets spéciaux. Ca fait plaisir d’avoir droit à un tel travail sur la matière, de voir des créatures dégoulinantes de slime, qui s’entremêlent avec la chair et les os ! On ne voit plus du tout ça aujourd’hui, c’est un type d’horreur visuelle qui allait de paire avec la façon dont étaient fait les effets spéciaux : en modelant des êtres difformes, en touchant à la matière avec ses mains, plutôt qu’en créant par le numérique.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Guide des séries B géniales des 80's à voir avant de mourir et Les meilleures adaptations de H. P. Lovecraft au cinéma
Créée
le 6 nov. 2015
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