5/5, 10/10, 20/20, enfin vous avez compris
Lorsque que Gravity s'ouvre, c'est déjà une claque : la Terre, une navette, trois astronautes, des débris et c'est lancé, tout cela en un seul plan, sauf que ce plan dure pas moins de... 13 minutes. Le ton est donné, le terrain de jeu du film sera l'espace et dans toute l'histoire du cinéma, jamais l'espace n'a été aussi bien filmé (dixit James Cameron entre autres). Alfonso Cuàron manie sa caméra avec une grâce absolue, avec lui c'est une véritable sensation de vertige qui nous prend en regardant les personnages dériver dans l'espace. Jamais je n'ai ressenti un tel effet, ni à l'endroit ni à l'envers, la caméra suit ses personnages comme si elle flottait elle-même. L'une des idées les plus ingénieuses du film est vraiment ce moment où l'on rentre dans le casque de Ryan Stone (Sandra Bullock), dès lors la 3D prend tout son sens, nous voyons tout comme le personnage de Stone, on respire, on stresse, on tremble avec elle et plus important encore on s'attache et on s'identifie à elle.
Je vais essayer de rester objectif mais le prochain que je trouve disant que Gravity n'a pas d'histoire, je lui pète les genoux :) Qu'importe ce qu'il raconte, l'essentiel c'est que Alfonso Cuàron le raconte bien, enfin un réalisateur qui se sert des images pour porter une histoire et surtout qui implique ses personnages au cœur de l'action et non l'inverse. Tout tourne autour du personnage de Sandra Bullock et je trouve qu'il y a une grande finesse dans l'écriture de son personnage car c'est hallucinant comment elle évolue en seulement une heure et demie. Je ne dirais rien des tenants et des aboutissants de l'intrigue au risque de gâcher la vision de certains, mais je peux vous dire que rarement au cinéma j'avais une telle envie qu'un personnage se sorte d'une situation extrême. Sandra Bullock m'a impressionné, je le dis clairement, ce n'est pas une actrice pour lequel je vais me relever la nuit, mais franchement elle force le respect dans ce film et je crois que de ne pas l'avoir attendu au tournant renforce la surprise que j'ai eu en la voyant. Sérieusement, combien d'actrices auraient pu rendre un monologue de 10 minutes, où elle doit entre autre imiter un chien, aussi puissant et émouvant comme Sandra Bullock l'a fait ?
On a beau vanter les mérites techniques de Gravity - effets visuels bluffant de réalisme, 3D quasi-parfaite où pour la première fois j'ai dû fermer les yeux au moment de voir un débris foncer sur moi - c'est avant tout un film sur la vie et la survie. La symbiose entre la mise en scène et les thèmes du film est remarquable, on est ébahit devant les plans sur la Terre et en même temps assez retourné quand il nous fait prendre conscience de notre place insignifiante face à cette immensité. Sans rien révéler de la fin, Gravity propose un final éblouissant, c'est frissons sur frissons, j'ai bien cru que j'allais arracher les accoudoirs de mon siège. Plus que jamais, c'est un film à aller voir, pensé pour le grand écran et la 3D. Si l'attachement à l'histoire restera intact, l'expérience que propose le film risque elle d'en prendre un sacré coup une fois sur un écran de télévision.
Gravity vient frapper à la porte des chefs-d’œuvres où un certain 2001 devrait se faire une joie de l'y accueillir. Alfonso Cuàron réussit l'incroyable exploit de livrer un huit-clos... dans l'espace, oui dans l'espace, soit le truc le plus infini qui soit et pourtant ! Véritable ode à la vie et au combat pour la vie, plus grand et plus beau film de l'espace depuis des décennies, viscéral, sidérant, stressant, prenant et touchant, Gravity est une claque à se prendre de préférence sur grand écran.
(Revu une deuxième fois et je n'en démords pas, je maintiens tout ce que j'ai dis en haut. Le scénario de Gravity est minimaliste mais il y a du sous-texte, de la profondeur et surtout du mérite à pouvoir le faire tenir sur 1h25. Sandra Bullock apporte définitivement beaucoup au film, elle capte vraiment quelque chose dans la dérive de son personnage, mais George Clooney n'est pas en reste non plus. Quand à Alfonso Cuàron, inutile de rappeler à quel point il nous sert une véritable leçon de cinéma, le monsieur devient officiellement le maître du plan-séquence. Une virtuosité technique doublé d'une émotion palpable, c'est ça Gravity).
(Et revu une troisième et dernière fois mais en Imax 3D cette fois. Il n'y a que les imbéciles qui changent pas d'avis, rien à foutre, c'est toujours d'une intensité mêlée à une beauté rarement atteinte au cinéma).