Ce film fait partie de mon "rattrapage culturel" version "depuis le temps que je dois voir ce film."
Scénario :
La terre se meurt. Une force inconnue ouvre un trou noir non loin de la terre qui permettrait de rejoindre des planètes lointaines où les humains pourraient créer de nouvelles colonies. Sauf que ça, c'est au bout d'une heure de film, vu que le début du film est un très long prologue qui nous montre la vie d'un des futur astronaute, Cooper et sa vie sur la terre, mourante, entre son beau-père qui est cool parce qu'il est joué par John Lithgow, sa fille qu'il aime beaucoup et qui ne veut pas qu'il parte et son fils qu'il aime beaucoup moins... pas de chance Tom, papa ne sera pas connecté à toi par le puissant pouvoir de l'amouuuuur.
En tant que sujet d'étude :
Interstellar était dans ma liste de films à rattraper car il faisait parti, (avec Dunkerque, mais ma liste date de 2016) du seul film de Christopher Nolan que je n'avais pas vu. D'ailleurs, je devais même le voir au cinéma, mais j'ai connement loupé la séance de quelques minutes et sur un film de trois heures, impossible de remettre ça.
Comme beaucoup, j'ai surtout découvert le travail de Nolan sur ses Batman, et si le premier ne m'avait pas convaincu, le second m'avait vraiment scotché. Je m'étais dit "putain, faire un blockbuster avec des conflits philosophiques et une vraie réflexion sur l'être humain dedans, c'est balaise." Je m'étais ensuite maté Memento que j'avais trouvé génial avant de me faire toute la filmo (en tant que réalisateur) du bonhomme. Mon film préféré étant Le Prestige et je fais partie des gens qui aiment vraiment bien Inception.
Pourtant, tout en louant les qualités du bonhomme, j'entendais deux critiques récurrentes. D'une part, les films de Nolan étaient prétentieux. Ils se prétendaient philosophiques et intellectuels, mais masquaient un côté creux derrière des mots compliqués. Ils faisaient croire aussi que les autres blockbuster ne pensaient pas alors que nombre d'entre eux avaient des thématiques riches mais ne les exhibaient pas. L'autre critique récurrente était les nombreuses failles scénaristiques de ses films, notamment The Dark Knight Rises où elles étaient béantes.
Et si j'ai été bienveillant sur les autres films, ces critiques m'ont sautées à la figure au visionnage d'Interstellar : J'ai trouvé qu'on le scénario nous remâchait parfois des trucs que l'on savait déjà, je l'ai trouvé artificiellement long et ma copine arrêtait pas de souffler "c'est pas logique." Et effectivement, les personnages agissent souvent comme des cons artificiellement au point que s'en est agaçant :
Anne Hattaway qui ne se retourne pas alors qu'on l'averti quatre fois d'une menace imminente, Mann qui s'obstine à tenter d'ouvrir une écoutille bloquée. Et surtout le personnage de Coop qui agit parfois "parce que le scénario l'exige." Sans parler des gros coups de pots des personnages.
Mon avis personnel :
En fait, je suis relativement énervé : Sur les trois heures, j'ai adoré le coeur du film, mais le début et la fin me posent problème. Et ce problème est lié.
Du coup, je comprend qu'on puisse aimer ce film pour tout un tas de raison. Ne serait-ce que parce que 2 heures de trucs bien, c'est cool. Parce que la relation entre Coop et Murph est bien traitée. Parce qu'il nous parle de ce qui nous pends au nez (la fin de l'espèce humaine) de façon crédible. Parce qu'il y a des passages qui font le job et sont émouvant. Parce qu'au niveau des images c'est souvent impeccable et très beau à voir (je regrette vraiment de ne pas l'avoir vu au cinoche.) Parce que la musique d'Hans Zimmer nous enveloppe complètement sur certaines scènes.
Mais, je ne pardonne pas trop cette fin... qui est lié au début. Ce début bien trop long qui nous prend le temps de nous planter les personnages, les efforts de Coop pour localiser une base secrète ou pour partir à la chasse au drône qui en deviennent de l'exposition de personnage trop longue et assez forcée.
Mais ausssi ce début où les personnages, tous très cartésiens se mettent à croire à un fantôme qui manipulerait la gravité et leur enverrait des codes obscur en morse permettant de leur donner une position GPS pour détecter une base de la Nasa. Une intrigue complètement tirée par les cheveux. On se dit que celle-ci trouvera son explication plus tard mais qu'elle a sacrément intérêt à être solide.
Et effectivement, on apprend que le personnage, en tombant dans un trou noir, peut manipuler l'espace-temps et qu'il est à l'origine de tout ces messages cryptiques. Et c'est... trop. Ma suspension d'incrédulité s'est mise à faire des loopings dans sa tombe.
Le pire, c'est que le film se veut être une véritable application façon "hard science" de ce qu'on sait de l'espace. (J'adore les passages en extérieur où l'on entend aucun bruit.) Seul l'apparition du trou noir avait un côté fantastique mais on pouvait l'accepter son côté "sans explication." Après tout, 2001, L'Odyssée de l'Espace ne faisait-il pas pareil ?
Et puis soudain, on arrive dans une 5eme Dimension au design une sorte de grosse bibliothèque. Avec des flashbacks qui reviennent pour montrer que ça fait référence au début du film, des fois qu'on soit con et qu'on ne s'en soit pas souvenus. Ici, le personnage et son robot peuvent discuter et s'aperçoivent que s'il peut communiquer avec Murph à travers le temps c'est parce qu'il est relié avec elle par l'amour. C'est même pas cryptique, c'est même pas esquissé comme un mystère, non, c'est dit textuellement dans un film qui durant 2h30 se voulait sérieux. C'est non seulement complètement con mais en plus ça signifie qu'il aime pas son fils. (Et puisqu'on y est pourquoi il n'a pas pu communiquer avec sa femme défunte pendant qu'on y est ?)
Alors, évidemment il existe des gens pour s'extasier parce que "holalala, c'est logique avec le début" mais en fait, c'est juste un artifice de "boucle stable" utilisé par de nombreux récits de voyages dans le temps. Et de façon bien meilleure. Rien de révolutionnaire ce coup du "c'était mon moi du futur depuis le début." On pourrait m'objecter que Le Prestige lui aussi se voulait un film sérieux alors qu'il se terminait carrément dans la science fiction et le fantastique, mais, c'était bien mieux raconté.
Et pour le coup, on pourrait le virer du scénario aisément : le fantôme ne serait pas apparu, Cooper aurait été engagé par la NASA au lieu de trouver leur base (après tout c'est un ancien astronaute) et la Terre aurait pu être sauvé par les relevés du trou-noir envoyées via TARS. Le film aurait en gagné en concision, aurait été cohérent dans son univers et moi j'aurais été content.
Merci les fans de Nolan
Un peu énervé par cette fin tombé du ciel, j'avais posté un tweet un peu trollesque où je comparais cette fin à celle de Lucy. Film que j'ai pas vu mais à la fin duquel, le personnage fini aussi
par manipuler l'espace-temps.
Et du coup, les fans de Nolan (ou du film) me sont tombés sur le rable sur twitter. J'ai discuté avec certains d'entre eux, c'était très sympa, mais lors de la discussion on m'a fourni deux justifications à cette fois qui loin de me convaincre, sont limite des circonstances aggravantes.
"Sauf si la fin est bien une EMI, que Cooper est mort seul dans le
vide spatial, que les dernières scènes sont une reconstitution de son
cerveau, d'où la forme tunelique avec une lumière au bout de la
station ou les visages flous des inconnus qui sont juste des
inventions mentales "
EMI = Expérience de Mort Imminente. C'est un peu "la théorie à la mode" balancé sur internet pour tout (Pokemon, Harry Potter, Calvin et Hobbes, Salut les Musclés etc...) parce qu'au final, elle permet d'avoir réponse à tout sans chercher bien loin. Puisque tout est dans la tête du personnage tout peut être expliqué par le fait que c'est une illusion. C'est même la base de la philosophie de Descartes.
Et je pense Nolan suffisamment intelligent pour ne pas avoir recours à ce genre de vieux subterfuge digne d'un scénariste de McGyver, d'autant plus qu'il s'en était habilement passé dans son film sur les rêves. Le film aurait encore moins de sens puisque ça annulerait totalement ce que Coop vient de faire, donnant au film un goût d'inachevé.
"Il faut dire que la réelle représentation de ce que Nolan a voulu
dire est impossible à réaliser, sans vouloir spoiler. Le scénario est
déjà lui même inimaginable, ça surpasse nos connaissances et il nous
est impossible de représenter ça avec notre savoir humain."
Facepalm
Si les frères Nolan, qui sont passé durant de nombreuses années pour les scénaristes les plus doués d'Hollywood avec des scénarios de nombreuses fois primés, pondent un scénario incompréhensible... bah, c'est pas du génie... c'est de l'incompétence. Écrire un scénario "impossible à adapter" quand tu réalise toi-même ton propre film, c'est
Toutefois, je me moque, mais cet internaute à mis le doigt sur le problème : le scénario devait être différent à la base. Bon, c'est pas le premier film à qui ça arrive (c'est même rare qu'un film se déroule parfaitement comme prévu) mais le film a connu pas mal de remue-ménage (comme le montre sa page tvtropes) on trouve ainsi un projet où Spielberg devait être à la réalisation, ainsi qu'un projet où la fin initiale devait être plus noire et....
...où le méli-mélo temporel n'existait pas. Ce qui signifie que c'est une partie rajouté bien plus tard dans le script et explique bien plus pourquoi j'avais l'impression d'éléments qui ne collent pas avec le reste. Bingo !
Bref :
Même si j'ai globalement aimé, j'étais tellement déçu de la fin et de certaines parties qu'au final, j'en reste sur une note négative. Peut-être aussi que ma surabondance de visionnage de séries de SF qui se passent mal (Black Mirror, tu m'entends ?) fait que je suis moins impressionné par ce film que si je ne l'avais vu à sa sortie. Peut-être que je serais amené à changer mon jugement plus tard.