Jessica Forever est une expérience sensorielle, si le texte et l'histoire du film présente un intérêt limité, le travail visuelle et sonore y est remarquable.
Le film se présente au premier abord comme une dystopie classique. Dans un monde futuriste, les orphelins sont chassés et traqués par les autorités pour protéger un société qui voit en eux un danger. Jessica, seule a croire en eux, décide de les recueillir et leur offrir l'amour et la sécurité dont ils ont tant besoin.
Ce synopsis laisse immédiatement présager d'une banale critique de notre société, du capitalisme. Un spectateur exaspéré par la structure narrative et les piètres dialogues ne verra en Jessica Forever qu'une médiocre analyse nihiliste du monde.
Il aurait tord, ici; la qualité du dispositif visuelle et d'interprétation des acteurs permet d'aller plus loin. La beauté du décor, le calme ambiant, la virilité des personnages, la robotisation des forces armées de l'Etat. Chaque aspect visuelle du film permet a Camille Poggi et Jonathan Vinel de remettre en question notre mode de vie: Est-il sain que certains vivent dans l’abondance quand d'autres peinent à survivre? Peut-on lutter contre la violence d'Etat depuis les marges? Les normes entourant la masculinité ne sont-elles pas l'une des explications de la violence? Faut-il pousser les jeunes garçons à exprimer leur sensibilité librement? Et surtout, est-il possible de s'intégrer dans une société qui a tous fait pour nous exclure?
Harold