Juranumérissicquement vôtre.
Pfew. Je l’ai fait, je l’ai fait ! J’ai cédé aux sirènes des bandes annonces (et à l’envie d’entendre Omar Sy nous resservir son Anglais so Frenchy) et après en avoir pris plein les mirettes pendant deux heures, pressé mon piti cervo pour vous trouver ce titre dont, ma foi, je ne suis pas peu fier ; je vais engager mes maigres ressources intellectuelles restantes (après une journée de boulot, en sus) pour tenter de vous donner un élément de réponse à cette terrible question :
Ce Jurassic World est-il une grosse bouse numérique de plus ? Ou bien…
A mes p’tits yeux bleus délavés, Jurassic World est un bon divertissement. Non, t’endez’ ! Sérieux restez quoi : c’est un bon divertissement !
On sait par avance qu’on aura du bon gros Dino bien badass, des effets spéciaux qui envoient du bois, un héros beau gosse avec quelques punchlines bien senties (quoique, pour le coup, pas trop tiens…) et une héroïne sexy (heu, moi au début j’aurais presque cru que c’était une androïde tellement elle est mono-expressive. Des robots, des dinos, arf^^), oui sexy mais « comme dans les Disney » (entendez par là une absence très stricte de sexualité, tout public oblige. Presque totalement impeccable dans son petit ensemble blanc pendant tout le film, ne vous attendez à aucun plan n***, pas de décolleté affolant, de scène de sexe torride au fond de quelque abri dans la jungle poisseuse ni même de plan cadré sur une poitrine transie de transpiration, moulée dans son petit haut. Non m’sieur).
Plutôt que de la jouer à fond la carte du remake, le scénario à l’intelligence (uh uh uh, j’ai placé « intelligence » dans J.W) de se réinventer un peu en proposant une version très contemporaine de que le parc d’attraction du premier film aurait pu devenir, à l’ère de la multi-connectivité (et des gros plans sur les Smartphones Samsung).
Il y a donc une solide dose de fan-service, parfois très fugace : ici un logo, là une statue de l’inénarrable John Hammond (aka le grandiose Richard Attenborough), des ruines du premier parc sans oublier LE bloc de résine avec son moustique (y’a même un clin d’œil au personnage rigolo de l’ADN du premier opus). Frisant parfois l’overdose, ce lien ténu avec le début de la saga m’a surtout donné l’envie de revoir le Jurassic Parc d’origine. Cool.
Or donc, pour faire face à l’appétit toujours plus avide du public, l’idée vient de créer un Dino génétiquement modifié, intelligent, plus beau (uh ?), plus fort, plus balèze, avec Wifi 3.0 intégré & minibar. Ou comme ils disent dans le film : More cool, more teeth^^.
Là aussi, je dis « Wheee » on sent venir l’effet Frankenstein quoi !
Or donc, pendant que Rexxou affûte ses grosses papattes, examinons un peu le reste des composants du film…
Prenez les personnages. OKAYYY, c’est pas un remake ou un reboot, mais bon sang ça manque de Sam Neil ou de Jeff Goldblum, un peu, quand même. Non ? Pas leurs personnages, qui de toute façon n’auraient rien à faire là, mais des caractères moins stupidement manichéens. Un poil d’amplitude quoi.
C’est limite si le Dino numérique n’a pas plus de charisme que le reste du cast réuni.
Allez, mention spéciale à Irfan Khan, qui arrive quand même à faire sourire 5 minutes.
Prenez l’action. Oui c’est badass évidemment mais pourquoi scinder à ce point les lieux du drame ?
Je veux dire : n’y aurait-il pas eu moyen de monter la sauce plus crescendo au lieu de confronter le parc et ses clients avec l’indominus Rex qu’a la toute, toute fin ? (z’avez remarqué qu’il y a « minus » dedans ? Ptrrr).
J’veux dire y’a une belle partie de cache-cache au début mais ensuite ça tourne un peu en rond à mes yeux. Y’a un effet Godzilla quoi : ils arrivent à perdre un truc pareil pendant presque deux heures quoi…
D’ailleurs, en parlant de cache-cache…
SPOILER ALERT
Dès le début du film, on apprend que le Minus Rex possède d’incroyaaables capacités (ah ! La première confrontation avec les espèces de Marines censés le capturer… Bouarf !); dont celle de SE CAMOUFLER OUAIIIS Predator Style !
Or donc ensuite, de tout le film, y’a pu ! Pouf ! Hey, ses piles étaient vides ou quoi ? Pourquoi bon diou d’bon diou le Rexxou reste comme un flan de combat devant les soldats, sans se camoufler encore ?
Si, si, il y a un peu de Predator dans ce truc. J’vous avait dit qu’y avait du Spoil hein ? Mmh ? Que dirais le professeur Malcom de tout cela ?
END OF SPOILER ZONE
Mais tout ceci n’est rien.
Ce qui me chagrine le plus dans ce Monde Jurassique, c’est la prise par la main totale du spectateur.
Zero suspens ou surprise, les éléments importants du film sont amenés, quoi, cinq/six fois chacun ; ce qui fait que vous savez après 5 minutes ou presque comment tout va se finir.
En fait, aucune séquence n’est gratuite, et lorsque l’on insiste plus de trois minutes sur un élément, même et surtout si il n’a rien à voir avec le plan d’avant, c’est probablement pour mieux vous le resservir ensuite, tuant ainsi toute théorie ou tout suspens, un comble quand même dans une catégorie de ce type.
Difficile de vous donner un exemple sans tuer (encore plus) le pourquoi du comment ; mais matez bien la bande annonce. Le gros truc, là, oui, eh bien….
Mais ne boudons pas totalement le plaisir coupable de se plonger dans une jungle pleine de Dinos.
Du divertissement, et du bon, mon avis demeure (et je parle presque comme Yoda là, je m’inquiète moi-même).
Visuellement très convainquant mais sans profondeur. A vous de voir