Vous fermerez vos portes à clef le soir...
Sorti en 1968 ce film de richard Fleischer parle à travers l’adaptation d'un fait réel de la violence qui gangrène notre société.
L'étrangleur de Boston, comme son titre l'indique traite du déroulement de l'enquête se finissant par l'arrestation d'un serial Killer ayant tué 11 femmes par strangulation.
Ce film fascine autant qu'il effraie. La réalisation parfaite de Fleischer et ses utilisations très intéressantes de Split-Screens rendent un résultat extrêmement moderne. Je ne suis pas fan d’habitude des Split-Screens, mais il faut avouer qu'ils sont utilisés, ici, intelligemment. Notamment en nous montrant simultanément la future victime et l’assassin s'approchant avec calme du lieu de son prochain crime. Ses plans permettent d'insister sur l'absence de mobiles du criminel car il pioche ses victimes aux hasard et aussi sur le fait que la vie ne tient qu'a un concours de circonstances.
Le déroulement de l'enquête est minutieuse et captivante. Elle est menée par John. S. Bottomly, joué par le grand Henry Fonda, tout en retenue et en finesse.
Son affaire est difficile car le criminel ne répond à aucun schéma habituel. Ils vont de suspects en suspects sans jamais trouver le véritable coupable.
Un état de crise est déclaré conseillant aux femmes de ne pas sortir seule pour éviter de faciliter la tâche au serial-killer et un numéro d'urgence est mis à disposition.
suites aux appels, des dizaines et des dizaines de pervers en tous genres sont arrêtés et interrogés sans aucuns résultats. Cette face cachée de la société sort au grand jour. Des personnes mentalement dérangées habitant peut être dans votre immeuble décuple la méfiance des gens, une atmosphère malsaine se dégage de cette affaire.
Le film se termine en apothéose avec un formidable face à face entre l'enquêteur et le vrai criminel après son arrestation. On se rend compte alors que cet homme est en fait atteint de schizophrénie, il n'a aucun souvenirs de ses meurtres. L'enquêteur va alors essayer de stimuler sa mémoire et faire prendre conscience au meurtrier des actes qu'il a commis.
Son esprit en pagaille va se confronter à la dure réalité des faits. Cette lutte intérieur va le mener sans nul doute à une folie sans retour.
Il est terrifiant de penser que cet homme fait partie du grand nombre de personnes atteintes de maladies mentales non diagnostiquées. Leurs réactions sont imprévisibles, ils sont par milliers autour de nous et il est extrêmement dur de les repérer. Ils sont pères de familles, chauffeurs de bus, chômeurs... Ils font partie de notre société et lorsque des drames ont lieux, il est extrêmement difficile de désigner des coupables.
L'étrangleur de Boston déterre notre paranoïa sommeillant au plus profond de nous et nous affirme que jamais nous ne serons en sécurité dans cette société qui devient de plus en plus incontrôlable. Il nous rappel aussi l'inefficacité des administrations à lutter contre ce type de violence surgissant de nulle part. Dans le cas du film, neuf meurtres supplémentaires sont commis avant l'interpellation du coupable. Subjuguant, sans détours et glaçant de réalité.