Peintre de l'agonie
(1976. FR. : La maison aux fenêtres qui rient OU La porte de l’enfer. ITA. : La casa dalle finestre che ridono Vu en VF. Existe une vieille édition DVD française trouvable...
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le 20 août 2021
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J’ai passé des années à passer à côté de ce film. À en entendre des reliques et à en lire des louanges. J’ai longtemps cru qu’il s’agissait d’un giallo. Il s’agit, en réalité, d’un thriller horrifique. En ce sens, le ton du film peut surprendre. Aux habituelles orgies de couleurs urbaines, Pupi Avati propose un titre rural, se déroulant au fin fonds de la campagne italienne, à l’image de La Longue nuit de l’exorcisme de Lucio Fulci. Le récit met en scène un restaurateur de fresques, d’un certain niveau intellectuel, qui se retrouve plongé dans un village pour le moins modeste. Il y côtoie un docteur qui est un ami de longue date puis une institutrice remplaçante dont il tombe amoureux. Autour d’eux, les personnages ne semblent pas avoir la lumière à tous les étages et le film glisse doucement vers un terrible cauchemar. Les rencontres et les discussions avec ces drôles de personnages (le maire nain, son chauffeur alcoolique, une institutrice nymphomane, etc.) forment la matière d’une première partie où, très clairement, il ne se passe rien à l’écran. Le réalisateur se contente d’immerger le spectateur dans un lieu étrange.
La deuxième partie n’est guère plus emballante même si une menace plus précise se fait jour. Que les amateurs de crimes sadiques à l’arme blanche portés par une musique trépidante passent leur chemin. Tout est ici histoire d’atmosphère et le récit, très souvent, se rapproche davantage des récits satanistes anglais du début des années 1970 que des envolées baroques du giallo et du gothique italien. L’influence de Dario Argento est pourtant là avec cette obsession pour une œuvre d’art qui inquiète et révèle la présence d’une âme psychopathe autour des personnages. On peut ainsi penser à « L’Oiseau au plumage de cristal » ou aux « Frissons de l’angoisse » où le personnage principal met à jour une peinture réalisée par un esprit malade. « La maison aux fenêtres qui rient ouvre pourtant davantage la porte au « Syndrome de Stendhal » que le maître italien réalisera dans les années 1990. Plutôt que de me multiplier les crimes, Pupi Avati accentue l’étrangeté de son œuvre même s’il ne cesse de lui couper son élan en multipliant les scènes dialoguées qui ne font pas avancer l’histoire. Cette lenteur, qui sert à rendre la conclusion plus terrible, peut agacer. J’avoue qu’elle m’a beaucoup pesé.
Elle ne prépare pas, en tout cas, le spectateur à un final aussi traumatisant où la terreur, plutôt que dans le sang, se révèle dans l’horreur qui se joue dans ce village reculé de presque toute civilisation. La révélation finale est d’une telle folie qu’elle ne peut que vous scotcher dans votre canapé, tant elle semble éloigner de tous ces petits riens qui ont la matière du film. Avec sa musique étrange qui semble sans cesse attendre quelque chose de terrible, ces personnages au bord de la folie et cette ultime ligne totalement barrée, on comprend dès lors pourquoi le film jouit d’une telle réputation. Si l’ensemble se déroule sur un rythme chaotique et si le résultat n’est pas à la hauteur de mes espérances, il en demeure un titre marquant du cinéma d’exploitation italien.
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Créée
le 29 déc. 2024
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