J'ai été déçu par ce troisième volet de la saga "reboot" de La Planète des Singes. J'avais bien aimé le premier épisode, un peu moins le deuxième et donc encore moins celui-ci.
Ça commence pourtant plutôt bien, avec une bataille dans la forêt entre assaillants humains (+ singes renégats) commandés à distance par "le colonel" et grands singes intelligents menés par Caesar.
Et puis au bout de 30-40 minutes, ça déraille. Grosse baisse d'intérêt, le rythme languit, l'action est faiblarde et la photo quelconque (alors qu'on pourrait au moins se rattraper un peu sur la splendeur des paysages). Il y a un double problème de scénario et de réalisation. Mat Reeves ne parvient pas à nous intéresser aux péripéties de son film, aux faits et gestes de Caesar et des singes qui ont décidé de l'accompagner dans sa tentative d'élimination du colonel ennemi.
La durée du périple du petit commando jusqu'au QG militaire dudit colonel n'est pas vraiment mise à profit pour nous rafraîchir succinctement la mémoire sur le contenu des précédents volets sortis en 2011 et 2014 (et notamment sur les dégâts neurologiques infligés aux hommes par le "virus simien"). Et bien qu'il ne se passe quasiment rien ou si peu pendant des quarts d'heure entiers, l'histoire reste confuse dans une bonne partie de ses aspects et enjeux. Ça traîne, ça paraît obscur, emmêlé. On ne sait plus très bien où on en est.
Et certaines invraisemblances sont gênantes. Par exemple, un nouveau venu, dont on ne sait rien (mais qu'on appellera par la suite "Bad Ape") tire sur ses poursuivants à cheval (la petite troupe de Caesar) sans reconnaître ou réaliser qu'eux aussi sont des "grands singes" et non des humains (alors qu'un chimpanzé à sombre fourrure monté sur un cheval dans un paysage de neige, ça ne peut pas passer inaperçu).
L'épisode camp de concentration m'a semblé très long, répétitif et visuellement ingrat.
Aussi, l'explication finale entre Caesar et "le colonel" reste confuse, si bien que le ressort dramatique de cette confrontation en est désamorcé : on ne comprend pas (ou mal) ce qui se passe et pourquoi le colonel est devenu une loque à demi inconsciente saoulée au whisky (en fait, il est à son tour atteint par le virus simien).
La réalisation et mise en scène du final est aussi extrêmement confuse, même si une bataille entre trois partis antagonistes l'est forcément un peu.
Et, nouvelle invraisemblance, on a du mal à gober qu'une avalanche, même géante (encore aurait-il fallu qu'il ait beaucoup, beaucoup neigé dans les montagnes environnantes, ce qu'on ne nous montre pas vraiment), puisse engloutir toute une armée.
Ai-je souligné les points de faiblesse du film à l'excès ? Peut-être.
Il reste que c'est agréablement dépaysant de se sentir, pendant deux heures et plus, du côté des singes, en sympathie avec eux, au point de se réjouir qu'ils soient, au bout du compte, bien arrivés en terre promise. J'attribue donc, par sympathie, un généreux "6" à cet troisième volet (en faisant des vœux pour qu'il soit le dernier).