Adapté du roman virtuose de l’Anglais Jonathan Coe, «La vie très privée de Monsieur Sim» se présente comme un road-movie existentiel très élaboré qui multiplie les personnages singuliers et les péripéties surprenantes, cocasses ou émouvantes. Michel Leclerc retient l’essentiel du roman et maîtrise plutôt bien, malgré quelques flottements, une narration complexe qui débute comme une comédie sociale assez sarcastique pour se terminer en fable presque métaphysique. Mais alors que le livre se focalise sur les rapports troublants de Sim avec son GPS, le cinéaste a choisi de développer davantage les relations du personnage avec sa femme et sa fille, ce qui nous vaut une scène en boîte de nuit particulièrement réussie. Et contrairement au livre qui se termine par un pied-de-nez littéraire, le film propose deux fins: l’une sombre et glaciale, aux limites du fantastique, l’autre lumineuse et optimiste. Une jolie façon de conclure cette odyssée plus mélancolique que comique, taillée sur mesure pour un Jean-Pierre Bacri parfait dans les deux registres.
critique écrite à la sortie du film