Le pitch : des hommes, des sous-marins et le bruit de l’océan
Chantereine (François Civil) est un jeune homme doué d’un talent relatif aux sons. Il les analyse, les décode, les interprète. A bord de sous-marins de la flotte française, son rôle est capital : l’oreille d’or définit s’il y a danger, ou non. Lors d’une mission, un son non familier lui fait perdre son assurance. Il se trompe, met son équipage en danger. Cette erreur l’habite, le mène à chercher encore et encore ce qu’il se cache derrière cette signature sonore. L’investigation l’entraîne dans une spirale incontrôlable, qui en vient à le dépasser lui et ses collègues
Près de deux heures de tension extrême
Pas de répit pour le spectateur : dès les premières minutes du film, il se retrouve au cœur d’un sous-marin. La tension est déjà palpable, une situation de crise est proche. Le ton est donné pour les près de deux heures qui vont suivre. Le réalisateur, Antonin Baudry, joue avec nos nerfs, nos émotions. Une perpétuelle balance entre l’humain, l’affect, les affinités entre chaque homme et l’ordre, le respect du protocole, la mission avant tout. Reda Kateb et Omar Sy sont impeccables en chefs. Mathieu Kassovitz en impose en tant qu’amiral. François Civil fait le lien entre tous ces personnages conscients de la beauté mais aussi de la dangerosité de leur métier. La majorité du film semble se passer sous l’eau, tant la mer et les fonds marins restent présents, même pendant les scènes terrestres. On prend conscience, tout au long du film, de cette vie et cette guerre sous-marine. Le son a un rôle à part entière dans le film. Qu’il soit court, long, inexistant, strident, doux, il rythme nos émotions et guide l’histoire. Le spectateur va de sentiment en sentiment, de peur en peur, de sourire en rire, de larmes en pleurs. Certains seront peut être décontenancés par quelques incohérences mais le trop plein d'émotions a vite repris le dessus dans mon cas !
François Civil magistral
En allant voir le film, je n’avais même pas visionné la bande-annonce. Je ne savais pas à quoi m’attendre, à part voir les acteurs en tête d’affiche dans un sous-marin (si on schématise). Petit à petit, le film se centre sur François Civil que j’ai découvert dans un autre registre que celui dont j’ai l’habitude. J’adore, de base, son côté drôle, léger. Ici, il fait partie d’une bande, lié par ses camarades par le sens du devoir et cet appel de la mer, du danger, peu compréhensible par chacun. Sa douceur, sa candeur et son sourire nous portent le long de l’histoire. On se prend d’affection, on vibre avec lui, on ressent la joie, la souffrance, l’incompréhension de son personnage. J’ai eu le sourire, peur, encore peur, j’ai failli crier dans le cinéma, j’ai versé une (des) larme(s), j’ai eu mal aux oreilles le temps de remonter à la surface mais bon sang, c’était chouette. Toute une palette nuancée de sentiments qui m'ont fait passer un très, très beau moment.