Arrivé au milieu du film, il fallait trancher : banger ou nanar ? Déjà, les premiers combats chorégraphiés (par un spécialiste du cinéma d'action hong kongais, oui, dans un film sur la campagne française du 18e siècle) me laissaient entrevoir le potentiel humoristique et les prises de positions stylistiques audacieuses de Gans. Le résultat se rapproche du blockbuster avec des scènes de combat dignes d'un Statham moderne, mais contrastent de manière trop brutale avec le désir de conserver le caractère d'époque. Cet entredeux assumé parcourt tous les aspects du film tout en s'accentuant jusqu'à en franchir les limites du bon goût, un équilibre précaire qui se vautre finalement dans le ridicule suite à l'accumulation de clichés, incohérences, montage risible, kitsch et cabotinage, au final moins maîtrisé que le 5e Élément de Besson pour comparer avec un autre "film américain français". Les costumes oscillent entre le réalisme, le défilé de mode (le film ayant inspiré le jeu vidéo de dark fantasy Bloodborne et un manga de l'auteur de Kenshin, rien que ça) et le grotesque. La restauration 4k valorise les décors et la photographie plutôt réussie du loooong métrage mais souligne les imperfections des effets spéciaux forcément datés. Au final, un film qui vu dans les années 2000 aurait certainement ravi au premier degré le jeune amateur de cinéma mais qui 20 ans plus tard m'aura fait passer une bonne soirée de rigolade avec de gros moments de malaises.