C'est un peu chiant (je précise que c'est la director's cut que j'ai vu). Mais je le préfère à "Year of the Dragon". Mais je trouve que les deux films vont ensemble, d'ailleurs les deux m'ont fait penser à la trilogie "The Godfather".
L'intrigue est un peu longuette : les auteurs étirent des passages sans vraiment les nourrir, les dialogues sont un peu longs et les scènes ne sont pas toujours très intéressantes en soi ; en fait, il manque vraiment de passages marquants, peut-être parce que tout repose sur un seul personnage (au contraire de la trilogie de Coppola qui offre pas mal de bons personnages secondaires) ; c'est dommage parce qu'il y avait à faire ne fut-ce qu'avec le personnage interprété par Turturro qui n'est vraiment exploité qu'en fin de métrage. Il y a aussi, comme dans "Year of the Dragon" mais en moindre nombre, des réactions un peu excessives ; c'est renforcé par le jeu de Lambert (qui s'apparente dans ces quelques moments à celui de sa poupée aux guignols) et par la mise en scène un peu trop premier degré du réalisateur. Il reste tout de même quelques scènes sympathiques même si le tout est parfois un peu décousu.
La mise en scène est plaisante surtout lorsque c'est filmé en extérieur : ces belles contrées sont bien exploitées au niveau du cadre, les compositions sont efficaces, la lumière est jolie. Les décors sont assez chouettes aussi, dommage que le scénario ne permette pas de mieux les exploiter. Le découpage est globalement bien pensé, quoique certains mouvements paraissent un peu excessifs et inutiles ; le montage est globalement correct, juste quelques passages un peu trop vite expédiés (ce qui contraste fortement avec certains dialogues exagérément long). Les acteurs font bien le boulot : Lambert s'en sort mieux que Rourke mais doit aussi faire le guignol dans certaines scènes un peu trop premier degré ; Turturro en revanche, est très bon jusqu'à sa scène finale (qui fait un peu sourire). Le reste du casting s'en sort beaucoup mieux, dont Terence Stamp, plein de classe. Et puis y a de jolies gonzesses. Ce qui est marrant chez Cimino, c'est que les gonzesses ont du caractère, ne se laissent pas faire et tout, mais restent quand même des faire-valoir... belle contradiction qui trouve son paroxysme dans le fait que dans tous ses films, y a une nana qui doit se montrer à poil, en général pour une scène de sexe sauvage (celle-ci rappelle fortement celle de "Year of the Dragon"). Quant à la musique, on reconnaît les envolées lyriques chères à l'auteur mais qui ne font qu'alourdir le propos ; reste tout de même quelques morceaux sympathiques dont un de type diégétique.
Bref, c'est pas top, c'est un peu chiant, mais il reste quelques passages sympathiques et une belle photographie.
PS : ha ben je comprends pourquoi au moins ce film-ci fait penser à "The godfather" ; le roman dont le film est adapté est un spin off du bouquin qui a servi à Coppola, sauf qu'ici les références à la famille Corleone ont été omises.