A Venise (puis à Vérone plus tard), une équipe de tournage se prépare à tourner une adaptation de Roméo et Juliette. Avant cela, ils visitent une verrerie à Murano. Un jeune verrier (Reggiani) tombe amoureux de la star (la sculpturale Martine Carol) et se débrouille pour se faire engager comme figurant. Avec chance il devient doublure lumière de la star masculine, et lors de la répétition de la scène du balcon rencontre la doublure de Carol (Anouk Aimée toute jeune et vraiment craquante) et en tombe fou amoureux : une véritable cristallisation s'opère immédiatement... Je vous ai déjà longuement parlé de Cayatte, de ma découverte de cinéaste fondamental que j'ai à tort longtemps considéré comme un second couteau. Plus je découvre ses films, plus je me prends des claques. Cet ancien avocat spécialiste du film à thèse, du film de justice, avait prouvé qu'il était à l'aise dans le mélodrame tragique (son chef-d'oeuvre étant Le Miroir à deux faces). C'est dans ce même registre qu'il s'exprime ici dans ce qui est considéré comme son premier film sérieux (on est en 1949, son premier film datant de 42). Même si Les Amants de Vérone est légèrement (mais pas trop) ampoulé par le style de Prévert, ça reste un film incroyable, superbement éclairé et mis en scène, jouant constamment sur la mise en abyme et sur le fatum lié au sentiment amoureux. Bref, encore une franche réussite.