Il y a d’abord et surtout Henri Alekan qui signe une image magnifique : de la profondeur de champ à l’utilisation des décors naturels ou des intérieurs surchargés, tout est à la fois très travaillé et parfaitement lisible. D’ailleurs la simple lecture du générique donne l’eau à la bouche : les dialogues de Prévert et la distribution sont une promesse de prouesses.
Voir Dalio en dément qui crie « Pourriture » à tout bout de champ ou le magnifique numéro de garce de Marianne Oswald suffirait presque à notre bonheur.
Mais Cayatte, s’il réussit ça et là une séquence (le beau coup de foudre en plans de plus en plus gros), ne donne pas de cohérence à sa direction d’acteurs et les morceaux de bravoure, même brillants, s’ajoutent plus qu’ils ne se complètent : Anouk Aimée est décalée, Pierre Brasseur cabotine (sa mort frôle le ridicule), Louis Salou en fait beaucoup en nostalgique déchu …