Emmanuelle Béart joue une jeune femme, mère célibataire, qui sort tout juste de prison, et qui pour se réintégrer, incorpore une troupe de théatre avec un metteur en scène bourru joué par Robert Hossein. Sauf que le passé, et le présent, vont la rattraper...
En faisant quelques recherches sur le film, j'ai appris non seulement que Yannick Bellon a eu beaucoup de mal à trouver un financement, jusqu'à réaliser elle-même un making-of sur sa préparation, nommé Évasion, afin de prouver sa bonne foi devant les producteurs mais que, de manière paradoxale, Les enfants du désordre va être son plus grand succès. Ceci est sans doute dû à Emmenuelle Béart, qui retrouve un rôle de femme forte bien des années après Manon des sources, et qui y est formidable. Pourtant, comme dans le film de Berri, elle y montre un côté presque sauvage, rebelle où elle n'arrête pas de s'engueuler avec Robert Hossein, avec des passages à vide à base de prise de drogue, mais c'est une jeune femme qui aspire avant tout à la liberté par le théatre.
Cette liberté, on la retrouve aussi dans la mise en scène de Yannick Bellon, que j'ai rarement trouvé aussi inspirée, avec ce plan superbe en 504 où Béart et son compagnon, joué par Patrick Catalifo, sont filmés d'abord de face, puis la caméra remonte pour donner en plan aérien, le tout sans coupe. Même pour moi qui suis peu amateur de théatre, j'avoue que l'histoire est assez touchante, classique avec cette relation entre un maitre et son Pygmalion, mais si on excepte quelques fautes de goût très 80's comme la présence de rap, Les enfants du désordre est une jolie réussite, qui tient surtout grâce à Emmanuelle Béart.