Dans la série des comédies romantiques britanniques des années 1990-2000, je poursuis mon petit bonhomme de chemin (lentement, toutefois) de découverte.
J'avais bien aimé "coup de foudre à Notting Hill" (toujours pas rédigé la critique), moyennement apprécié "un poisson nommé Wanda" et carrément détesté "Quatre mariages et un enterrement".
La comédie suivante dans ma liste d'exploration, c'est "Love Actually". Gros succès international. Lorsque mes proches l'évoquent, je vois un voile embuer leurs yeux. Sans oublier un ou deux éclaireurs, dithyrambiques sur le film. Je me dis, "ça, Jean, c'est un film pour toi"
L'histoire ? Ah, l'histoire est complexe puisqu'elle traite une dizaine d'histoires d'amour toutes bien différentes les unes des autres, bien que de fortes interactions existent entre certains des protagonistes. Ah, un point important, toutes les histoires se passent vers Noel conférant un sens général de conte de Noël (à la puissance 10). Tout ceci sur une durée de 2 h environ soit donc 12 minutes par histoire (je n'ai pas réellement compté le nombre d'histoires mais je ne dois pas être loin du compte).
L'intérêt, c'est de passer en revue différentes problématiques liées à l'amour (dans un couple, pas de la Nature ni du chocolat). En corollaire, l'inconvénient, c'est évidemment qu'on schématise.
L'idée n'est pas inintéressante, bien sûr. Il y a l'amour-passion ou le coup de foudre (les deux enfants, David-Natalie, Jamie-Aurelia), l'amour qui dure et peut-être s'use (Harry-Karen), l'amour intéressé ou calcul (Harry-Mia), l'amour préférentiel du frère (Sarah-Karl), etc …
L'intérêt de cette accumulation de situations, c'est qu'on évite le pathos puisque le film en restant assez superficiel, n'en présente que les grandes lignes dans une tonalité résolument de comédie.
L'inconvénient, c'est qu'on (= je) ne s'attache pas aux personnages, on (= je) ne s'implique pas dans les situations et, partant de là, on (= je) en vient à prendre de la hauteur pour plutôt examiner la vraisemblance des situations.
Celle qui, à la fois m'amuse et m'intrigue, c'est celle du premier ministre anglais (Hugh Grant). D'une part, l'acteur (que j'aime bien) n'est pas follement crédible dans le rôle. En plus le scénario le met en situation de tomber amoureux de la petite secrétaire, d'adopter une ligne politique dure (que tout le monde, coup de pot, approuve) sur la base d'une simple jalousie. Bon, oui, je sais bien que depuis que le monde est monde, bien des guerres sont la conséquence de simples histoires de cul, à commencer par la guerre de Troie. Mais quand même …
Celle que je trouve la plus crédible (enfin, sans trop creuser…), c'est l'histoire du romancier qui tombe amoureux de sa bonne portugaise dans sa maison en Provence (où il est allé se réfugier suite à un chagrin d'amour). Un tout petit détail m'a perturbé sur l'instant, c'est qu'il raccompagne tous les jours la bonne avec une voiture avec la conduite à droite. Mais, ça reste, en fait, possible.
Ou comme le jeune, dégouté des femmes anglaises auprès desquelles il se prend systématiquement un râteau, décide d'aller dans le Wisconsin où toutes les nanas vont tomber en pâmoison devant son accent et son "british sex appeal". Alors là, je dis non car s'il y a une société pudibonde et coincée, c'est bien la société américaine, qui plus est, dans le Middle West. Alors, trouver dès le premier soir, un quarteron de nanas belles et chaudes qui n'ont qu'un lit commun à lui proposer dans une piaule sans chauffage et sans pyjama, me semble relever du très haut fantasme.
Mais, bon, tout ça se regarde, finalement, gentiment.
Le casting est intéressant car on y trouve de belles pointures comme Hugh Grant (déjà cité), Emma Thompson (j'aime beaucoup cette actrice), Keira Knightley (Idem), Liam Neeson (toujours sympa de le croiser et ici, il ne déroge pas à la règle), etc …
La BO est, sans surprise, bien du style des années 90 et n'est pas vraiment mon truc. Cependant, elle est parfaitement adaptée aux propos, légers et sympathiques, du film.
Pour finir, c'est un film qui se regarde mais dont le foisonnement des situations ne permet pas de se passionner. D'ailleurs, je pense que ce n'est pas l'objectif du cinéaste qui tient à rester dans une tonalité de comédie où il compte que le spectateur s'amuse des diverses situations présentées sans verser dans l'étude psycho-sociologique pure et dure.
C'est justement ce qui ne m'accroche pas dans ce film. Et si je me permettais de faire un reproche au cinéaste, c'est d'avoir gaspillé ses chances de développer cinq ou six films dûment inspirés et approfondis de cinq ou six histoires de "Love Actually"