Entre la chronique familiale et le road movie, j'ai été totalement sous le charme de cette comédie dramatique pleine de chaleur sans que Lim Dae Hyung ne tire vers le mélodrame comme les coréens en raffolent. Signe qui ne trompe pas le film fait à peine 1h40 !
Le style est plutôt dépouillé, avec peu de dialogues, beaucoup d'ellipses intelligentes, le tout filmé dans une joli noir et blanc et portée par une musique bluesy à la guitare qui ne pouvait que me conquérir. Avec cette simplicité humaniste et cette tonalité musicale, j'avoue avoir pensé à un croisement entre Vivre de Kurosawa et le chanteur/musicien Mississippi John Hurt.
C'est écrit avec chaleur sans pathos, tout en réussissant à rendre vivant le moindre second rôle avec 3 fois rien (une habituée de la piscine, le patron d'un petit bar, la belle-soeur etc...). C'est cependant évidement la relation entre le père et le fils qui demeure au cœur du film et donne quelques moments drôle et touchant, voire même très émouvant comme lorsque le rejeton fond devant le premier montage du film ou quand le père se cache dans la voiture alors qu'ils vont rendent visite à son amour de jeunesse.
L'une des très bonne surprise est aussi ce fameux court-métrage qui conclut le film qui est à la fois un hommage sincère à Chaplin tout en possédant assez de caractère et de personnalité pour ne pas tomber dans le décalque facile. Et si ce petit film regorge de très belles idées poétiques, sa réalisation demeure toujours à la hauteur de son équipe de tournage. Et la double conclusion (celle du film et du film dans le film) est belle à pleurer. Ce que j'ai fait d'ailleurs.
Alors oui, il y a quelques petites maladresses, quelques baisses du rythme et des acteurs moins "professionnels" que d'autres (le père est heureusement impeccable) mais c'est bien peu de chose face à la sobriété du traitement et surtout face à sa tendresse et sa délicatesse.