Nosferatu en trois mots :
- Bavard
- Monstrueux
- Réducteur
Il y a quelques années, en tant que grande amatrice de films d'horreur, je suis tombée sous le charme de The Witch de Robert Eggers, un film qui mêlait à merveille esthétisme et mysticisme.
Puis vint The Lighthouse, une œuvre qui rendait hommage à l'impressionnisme.
The Northman a définitivement scellé ma confiance en ce réalisateur, et je me suis dit qu'Eggers ne pouvait que m’éblouir à nouveau avec Nosferatu. Je me trompais…
Le film semblait prometteur, une nouvelle relecture de la légende de Dracula par un réalisateur dont l’imaginaire gothique semble être une véritable mine d’or. Le genre s’adaptait parfaitement à son univers et l’idée d’une réinterprétation de Nosferatu m’enthousiasmait.
J’espérais un voyage exquis… mais il n’en fut rien. Il fut long, parfois pénible, et surtout bien moins fascinant que ce que l’on pouvait espérer.
Si la mise en scène et la photographie restent impeccables, plongées dans un gothique absolu, l’ensemble pâtit de dialogues inutiles et d’une narration bien trop longue. Là où l’on attendait de la contemplation, de l’inquiétante étrangeté, le film se fait trop bavard.
Le mystère, si cher à Eggers, se dilue au fur et à mesure du récit. Le vampire, est bien trop tangible, uniquement composé de chair putride. On le perçoit plus comme une créature monstrueuse que comme l'ombre insaisissable qui rôde dans nos peurs.
Le charme des vampires, leur essence d’étrangeté et de nébulosité, se trouve réduit à un personnage lourd et corpulent.
Pire encore, Willem Dafoe dans le rôle de Van Helsing nous rappelle bien trop souvent que Nosferatu n’est pas simplement une métaphore de la maladie, de la mélancolie ou encore de la folie, mais un être seulement démoniaque.
Cette explication, brise toute la poésie du film et nous entraîne dans un registre trop classique de possession, vidé de son mystère et de sa profondeur.
Au final, là où l’on attendait une exploration de l’invisible et du mystique, nous nous retrouvons avec une histoire qui sombre dans un vulgaire récit de déjà vu, effaçant toute la richesse de la légende.
Si la forme reste soignée, l’âme du film, elle, semble avoir disparu et ne fera pas d’ombre à l’adaptation de Francis Ford Coppola.