Anarchie romantique
Trois ans de tournage, le refus de Cannes en 2016 (voir les explications de Thierry Frémaux dans Sélection officielle), sa projection à Venise et, après une longue attente, sa sortie sur les écrans...
le 14 juil. 2017
9 j'aime
4
Un film qui m'a quelque peu déçue. Déjà, Kusturica ne se renouvelle pas : une ambiance foutraque, des animaux, des fanfares, du trop plein à l'image...Pourquoi pas d'ailleurs , mais le problème est scénaristique ; l'histoire est invraisemblable, sans virer à la fantaisie se fichant totalement du réalisme, ou à l'uchronie comme dans Inglorious Basterds . Et au contraire de ce film, qui préservait l'essentiel (Juifs , résistants et soldats américains combattant les nazis) , ici ça vire au révisionnisme : le conflit est une succession d'escarmouches entre Croates et Serbes (si j'ai bien compris), sans grandes répercussions sur les habitants (serbes) du coin, et la charge contre les Occidentaux est vraiment lourde.
Les crimes dont il est question dans le film sont le résultat d'une vengeance personnelle, et ont lieu en dehors du conflit (voire après les accords de paix), pourquoi pas d'ailleurs, mais c'est très mal amené et semble surtout servir à une charge anti Occidentaux et forces internationales. Je sais bien que le film est une fable, et que d'autre part les forces internationales ne sont pas exemptes de reproches , mais là c'est pousser le bouchon un peu loin que de suggérer que sans elles, il n'y aurait pas eu de crimes de guerre. (ni de terrains minés, pendant qu'on y est).
Ca m'a mise assez mal à l'aise (je reconnais que c'est une réaction peut-être excessive, mais j'ai vu trop de films évoquant les guerres en ex Yougoslavie - du drame de guerre à la comédie noire, en passant par le mélo- pour ne pas être insensible). D'autant plus qu'un certain nombre sont réalisés et produits par des Serbes portant un regard lucide sur ces événements, par exemple l'allégorique Ordinary people (récit d'un crime de guerre) ou Teret (faisant allusion aux crimes de guerre au Kosovo en 1999).
En fait le film a été produit/réalisé en grande partie en Republika Srpska, cette entité de Bosnie-Herzégovine, fief des nationalistes. Ceci explique peut-être cela.
Pour en revenir à la forme, si on passe sur le côté bordélique qui est un peu son image de marque, Kusturica n'a pas perdu la main. Il faudrait qu'il se reprenne côté construction scénaristique; Pour le contenu des films, il a dit qu'il ne ferait plus de films (plus ou moins) sur la guerre en ex Yougoslavie. C'est peut-être aussi bien.
Attendons donc de voir ce qu'il nous proposera par la suite...
PS La chanson "Big Brother" (au texte très anti-occidental) qu'on entend dans le film fait partie du répertoire du groupe de Kusturica. Ce groupe a aussi écrit (et joué régulièrement, je ne sais pas s'il le fait toujours) une chanson dont le texte est à la gloire de Karadzic...
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Guerres en ex-Yougoslavie (1991-1999) : la liste films
Créée
le 14 juil. 2019
Critique lue 364 fois
3 j'aime
1 commentaire
D'autres avis sur On the Milky Road
Trois ans de tournage, le refus de Cannes en 2016 (voir les explications de Thierry Frémaux dans Sélection officielle), sa projection à Venise et, après une longue attente, sa sortie sur les écrans...
le 14 juil. 2017
9 j'aime
4
Après une longue absence en tant que réalisateur de fiction (10 ans, quand même), Emir kusturica revient avec un film inégal, où se mêlent dans un grand bazar généreux et truculent, le sublime et le...
Par
le 4 août 2017
7 j'aime
Un film comme on en fait rarement. Ce dernier s’apparente à une fable mélangeant fantaisie et humour burlesque autour d’une énergie folle, rythmée aux musiques entraînantes des Balkans. Ainsi, jamais...
Par
le 14 nov. 2017
5 j'aime
1
Du même critique
Un choc, une vraie claque que ce film. Rarement une fiction (même inspirée de faits et personnages réels comme ici) n'aura montré avec autant de réalisme et surtout de justesse dans l'exposé des...
le 2 déc. 2019
32 j'aime
C'est un film très prenant, et un témoignage exceptionnel : la situation à Alep, pendant 5 ans, vue de l'intérieur, par une jeune femme qui a tout filmé : les moments de joie en famille avec son mari...
le 11 oct. 2019
25 j'aime
1
J'ai relu plusieurs critiques de ce livre et des statuts (favorables ou pas) . Je ne sais pas ce qui est le plus effrayant : le contenu du livre, ou les arguments de ceux qui approuvent son...
le 7 févr. 2021
24 j'aime
11