Tout en s’inscrivant parfaitement dans le style des comédies à la française (pas forcément un compliment) avec son lot de vulgarité et d’excès, le réalisateur Bourboulon arrive à se démarquer sur le fond avec Papa ou maman. Déjà en insérant un contexte sérieux à sa comédie, notamment toutes le séquences sur le monde du travail, qui donne au film un bon équilibre, et permet de donner du sens à l’escalade des crasses, même si celles-ci peuvent s’avérer lourdingues à force de répétitions. Je regrette que le final soit aussi gentil et convenu, dernier preuve que le film perd en subtilité et originalité au fil de l'intrigue.
La réalisation est relativement classique mais offre quelques plans ingénieux, comme les deux (faux) plans séquences du début et de la fin, qui renforce ici l’alchimie entre Marina Foïs et Laurent Lafitte. Car si le film fonctionne si bien, c’est avant tout grâce à l’alchimie entre les deux acteurs principaux, excellents l’un comme l’autre dans leur rôle grinçants et assumés de parents individualistes à la recherche de leur bonheur et de leur accomplissement personnel. J’adore Marina Foïs et son style de jeu, ses mimiques et sa capacité à passer du drame à la comédie — il faut donc avouer que sa présence illumine pour moi le film. Les deux ados sont très convenus et au final assez inutiles, de même pour les rôles secondaires d’amis ou collègues, assez clichés (du patron misogyne à l’infirmer sexy, sans oublier le couple d’amis parfait) ; on peut cependant relever le talent d’Achille Potier, qui interprète un un petit dernier précoce et génial, avec juste le soupçon d’impertinence nécessaire pour le rendre drôle sans être tête-à-claques.