Tout avait bien commencé avec ce dernier film de Jarmusch : dès les premières images, le plaisir de se promener hors les sentiers des chewing-gums hollywoodiens qui polluent les écrans du monde entier... Prendre tout simplement le temps de regarder, sans se presser, et donner à l’œil les saveurs de son regard. En cela notre vieux Jim est un virtuose.
Mais le problème, c'est que Jim fait du Jarmusch, toujours du Jarmusch et encore du Jarmusch. Sa magnifique lenteur permanente n'a pas la légèreté d'un regard réellement frais, elle ne s'élève malheureusement pas au-dessus des nuages de la psychologie de comptoir, et c'est dommage, vraiment dommage qu'un tel talent nous laisse suffoquer sur le vernis de fantomatiques vies.
Mais ce film a eu le mérite de me laisser face à mon attente qu'il se passe quelque chose, ou que qu'un acteur vive réellement quelque chose.
Alors, pour la saveur de cette épreuve, et parce que ce cinéaste fait des pieds de nez au cinéma commercial depuis des décennies, je mets quand même 6/10.
Mais au lieu de regarder ce film, vous pouvez aussi vous aventurer à écrire des poèmes, des vrais.

Lo-B
6
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le 1 mai 2017

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Lo-B

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