Pour rendre compte de Ratanouilles, comme de l’école nommée Mockbuster qu’il représente, veillons à écarter de prime abord toute considération artistique voire cinématographique : dire que tout est laid tout est bête tout est long et raté n’aurait pas vraiment d’intérêt et conduirait même un spectateur curieux à s’y risquer. Car la seule motivation de ce produit industriel est de tromper un public souvent familial et non-cinéphile en reproduisant l’enveloppe d’une œuvre dont la notoriété suffit à tuer tout soupçon quant à une éventuelle contrefaçon. Voir Ratanouilles et en proposer une critique revient donc à attaquer un système économique qui bafoue l’art en inondant le marché de copies infâmes qui insultent non seulement l’œuvre ainsi plagiée, mais également le spectateur pris pour le dernier des imbéciles. De même qu’abondent dans les grandes surfaces les fausses éditions de films (dvd et blu-ray confondus), repérables notamment à leur absence du logo indiquant le studio ou aux fautes d’orthographe qui se glissent dans le résumé, les mystifications d’œuvres cinématographiques se développent à vitesse grand V, à mesure que les supports perdent de leur attractivité – la concurrence dématérialisée est rude – et donc de leur valeur. Une honte.