Elle avait un taf, un seul. Non, pas de s'occuper de son gamin du mieux qu'elle aurait pu en grandissant, pas d'accepter que des spécialistes essaient de comprendre la nature du problème (surtout si ce dernier est potentiellement dangereux, on ne sait jamais), pas de réfléchir une seule seconde dans ce récit (parce qu'être une ravie de la crèche, ça va bien cinq minutes), non. Juste de tenir une pauvre cordelette. Et même ça, cette mère n'a pas su le faire. Même si Alexandra Lamy lutte vaillamment pour donner de la consistance à son personnage-cruche, ses efforts sont assez vains car ils se confrontent à une vision d'auteur qui pense que la mère est une entité aveuglée par son instinct maternel (cette bonne blague), au point d'accepter de
remettre en route un autre gamin
alors qu'elle n'a pas pu s'occuper du précédent (que deviendra-t-il ?) et de sa pauvre sœur qui est complètement délaissée dans cette tragédie (personne ne pense à elle), et que son conjoint n'est pas non plus un modèle de vertu, revenant juste pour la notoriété et le fric... La fin est une hérésie. Avant cela, vous aurez un film au filtre gris superbement terne, à l'interprétation niaiseuse qui n'est pas aidée par des dialogues très simplets (et une histoire sous forme de fable non moins cucul), avec des effets spéciaux très aléatoires (
les ailes dans le dos, passe encore, mais alors le bébé entier volant,
c'est une bouillie), et un message plus que brouillon et confus sur les handicaps, le deuil d'un enfant, la pauvreté, les mères (telles que vues dans les images d’Épinal poussiéreuses), l'émancipation d'un enfant qui a grandi, etc... Tout se mélange, rien n'accroche, et on se retrouve à la fin avec un film assez indigeste. Pour nous, Ricky a été un fou-rire nerveux durant 1h30, une incrédulité totale devant le grand écart entre le nom du réalisateur François Ozon, et ce film bancal et chaotique (plus qu'angélique). Envolez-vous loin de cette purge.