J'ai apprécié Sin Nombre, même si en l'achetant, je ne m'attendais pas à cela. Loin d'être traumatisant comme l'indiquent les critiques, le premier long métrage de Fukunaga aborde des sujets qui fâchent avec une certaine poésie.
En premier lieu, c'est une dénonciation finement maitrisée de la situation au Mexique pour les émigrants (ceux qui souhaitent passer la frontière des Etats-Unis). En second lieu, c'est une dénonciation de la terreur des gangs sur la population (Mexico est connu pour ça d'ailleurs).
Certaines séquences sont bien foutues, je pense à l'entrée du petit Smiley dans le "QG" de La Mara. On y découvre les activités du gang. Je pense aussi aux scènes très "ballade" sur le train, qui nous font découvrir les paysages du Mexique. En soi, on est très loin d'une ballade paisible pourtant.
La trame est simplement construite. Les deux jeunes qui au départ défendaient les mêmes idées dans le gang se retrouvent ennemis. Mais l'ambition du film n'est pas ici. On n'est pas dans l'exagération, on est dans tout ce qu'il y a de plus humain. Ce qui fait que certaines scènes sont quand même crûes (le conflit final n'est pas une interminable scène de tir à suspense).
On n'est pas dans l'exagération, on n'est pas non plus dans le voyeurisme de la tragédie. On ne s'amuse pas à s'apitoyer sur le sort de ces jeunes protagonistes. Les quelques scènes dramatiques sont tout ce qu'il y a de plus sobre. Je pense à (SPOIL) l'annonce de la mort du père de Sayra. Cependant, on a cette part d'émotion bien dosée, aussi grâce à la bande son, elle même sobre mais très agréable (le thème principal est vraiment pas mal).
Un bon film, surtout au niveau de la réalisation. Un petit peu moins au niveau de l'écriture, mais qu'importe.