Arf, c'est toujours un peu le même problème avec ces films de gangsters réalistes : ils gagnent en crédibilité ce qu'ils perdent en puissance. Scott Cooper n'est pas Scorsese et sa réalisation a beau manquer de nerf, on sent néanmoins que le gars connaît son job, que ce soit dans la reconstitution ou la façon dont il construit son intrigue, sans surprise mais cohérente. Dommage toutefois que malgré des acteurs de talent, les seconds rôles aient autant de mal à se faire une place au soleil, si ce n'est peut-être Joel Edgerton, impression heureusement relativisée par la prestation monstrueuse d'un Johnny Depp qui, sans jamais en faire trop, livre sa plus belle prestation depuis longtemps, sa transformation physique comme le caractère insaisissable de son personnage étant excellemment retranscrit à l'écran. La troisième étoile est pour lui, l'œuvre s'avérant un bel objet un peu dépourvu d'âme, ayant eu l'intelligence de s'appuyer sur le talent de son interprète principal pour qu'à défaut d'en sortir emballé, on ne regrette pas le déplacement.