Devoir de mémoire
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Il est peu courant les films qui s'inscrivent dans une démarche empathique en se mettant à la place du malade. La réalisation, achronologique, unique dans ce registre, qui ne cède pas aux sirènes d'un flashback structuré, mais bien par le regard des bribes d'une mémoire en puzzle.
C'est un film qui nous renvoie petit à petit à la perte des repères familiers d'Anthony, de ses impressions de déjà-vu, du caractère changeant des personnages et des histoires, en se mettant dans la peau du personnage. Jamais film n'a eu une démarche aussi centrée sur le personnage principal d'Anthony, on comprend sa manière de penser et notre logique est mise à l'épreuve. Ne reste que l'empathie pour ce personnage, à l'histoire triste.
La symbolique de la montre constamment perdue rejoint ce scénario achronologique, pour finir par découvrir la réalité telle qu'elle est. Cruelle pour Anthony, logique pour ceux qui ne se mettent pas à sa place.
De plus en plus l'image de sa mémoire en puzzle changeant ressort pour exprimer cette maladie, jusqu'à l'allégorie des feuilles. Elles s'envolent, tout est en désordre, et on ne les retrouve pas toutes.
Ultime refuge dans ce qu'il a connu de réconfortant, face à la réalité cruelle qui lui saute aux yeux, le souvenir de sa mère. Le jeu d'acteur de Hopkins se révèle à ce moment convaincant et montre qu'il reste un acteur de premier plan.
Un film touchant, empathique, génial, qui ressort notre tendresse, notre humanité. Humaniste, ce film n'a que ce mot pour le décrire. Il appelle le meilleur côté de nous. Nous les humains, doués d'empathie, dans sa plus simple expression.
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Créée
le 24 mai 2021
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