Bien que le film The Hours s'inspire de thèmes d'une grande profondeur – la mélancolie, le poids de l'existence, et la quête d'un sens dans un quotidien morne – il peine, paradoxalement, à susciter une véritable empathie. Même en accélérant le rythme de visionnage, j'ai ressenti une certaine lenteur, un enfermement dans les tourments de ces trois femmes, comme si leurs souffrances tournaient en boucle sans progression ni issue.
Le personnage de Clarissa, interprété par Meryl Streep, se détache toutefois avec une nuance de sincérité. Sa détermination à réussir sa réception et son dévouement pour son ami poète, qu’elle aime d’un amour à la fois tendre et résigné, traduisent une richesse émotionnelle qui vient souligner le sens du sacrifice et de l'affection. Cependant, les personnages de Virginia Woolf et Laura Brown – bien qu'interprétés par des actrices d'exception – manquent d’une palette émotionnelle plus variée. Leur existence douloureuse et leur aliénation semblent se figer dans une monotonie mélancolique, sans autre registre pour les rendre plus humaines, plus accessibles.
Peut-être me manque-t-il cette sensibilité propre aux cinéphiles les plus avertis pour saisir la pleine portée de cette œuvre. The Hours reste une exploration esthétique et intellectuelle du malaise existentiel, mais malgré la beauté de sa construction, il m’a laissée curieusement indifférente, comme si son message m’avait échappé au profit d’une contemplation un peu froide, presque inaccessible.