Elle en pire
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Bon.
Inutile de présenter The Substance. Surtout trois mois après sa sortie. Nouveau film de la talentueuse Coralie Fargeat, casting international, pitch sensationnel, premières images à mi-chemin entre l'esthétisme léchée de Stanley Kubrick et la violence pop de Revenge... Sans oublier la révélation Margaret Qualley et la consécration de Demi Moore aux cérémonies de récompenses, vous avez sûrement dû entendre parler de ce phénomène ciné qui a enflammé les réseaux sociaux. C'est donc longuement après son arrivée sur les écrans que j'ai pu voir The Substance dans mon petit cinéma d'art et d'essai.
Et forcément, le résultat final est assez convaincant : Une mise en scène léchée, avec un vrai sens du cadre, une vraie recherche de couleurs intelligentes, avec des allusions appuyées de Coralie Fargeat à Kubrick (2001, Orange Mécanique, Shining), son propre cinéma (on retrouve tous les gimmicks de Revenge, notamment les affreux hommes qui mangent en gros plan comme des porcs) ou un final sauce Tarantino. La pluralité des messages et des dénonciations est intéressante, entre la dénonciation des labos pharmaceutiques, le corps vieillissant de la femme comme objet de rejet des vieux mâles, la confiance en soi ou encore l'hypersexualisation des jeunes femmes dans le monde du cinéma et de la télévision. Il manquerait quelques apports scénaristiques afin de densifier le personnage de Sue, qui n'est que présentée comme un objet sexuel qui ne va pas affronter cette vision masculiniste de son travail.
On manque également de quelques infos notamment la gestion des temporalités de Sue et Elisabeth. Conscience d'Elisabeth dans le corps de Sue ? Entité autonome ? Les événements font que l'on se pose des questions. Mine de rien, si l'envergure dénonciatrice du film fonctionne, on est pris en tenaille par la force du long-métrage à nous installer dans un mal-être sirupeux, où le body-horror va plus loin que Les Crimes du Futur de Cronenberg. Un pamphlet féministe gore et ultra-violent qui reste une vraie expérience de cinéma... Et que je ne reverrai sûrement pas.
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Créée
le 9 févr. 2025
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