Points positifs :
- Des personnages attachants et inattendus, et quelques scènes vraiment marquantes. Et pour moi, ces scènes-là se situent plutôt dans les interstices, les rencontres entre les personnages, quelques lignes de dialogue, une description de paysage stambouliote... que dans les scènes phares qui font avancer l'intrigue.
- Une écriture toujours aussi pointue et inventive, qui parvient à créer un univers dense et cohérent.
- Comme pour "Le fleuve des dieux", MacDonald utilise les codes, la culture, les mots d'une société existante, ce qui favorise l'immersion. J'ai trouvé d'ailleurs que "La maison des derviches" était plus accessible sur ce point que "Le fleuve des dieux" ; mais avoir été à Istanbul et goûté, senti, vu des paysages et des ambiances semblables à ceux décrits dans le livre modifie largement ma perception. Une sorte de nostalgie et de mal du pays étranger m'a saisi délicieusement par moments...
- Une certaine délicatesse dans l'approche de la thématique du terrorisme et des attentats, quand même appréciable de nos jours.
Points négatifs :
- Un rythme de chapitres très systématique et une structure cyclique qui rend la lecture redondante au bout de deux ou trois cents pages. Peu (je dis peu, pas "pas") de surprises au bout du compte dans la narration, on voit venir, et ça, ça pardonne rarement, non ?
- Une fin trop évidente et un peu expéditive (pof pof, magie, en vingt pages c'est plié).
- Les enjeux sont très divers (plusieurs couches d'enjeux politiques mêlées, notamment, et puis le terrorisme, la maladie, la vieillesse, l'amour, l'ambition, tout ça), et du coup pas suffisamment traités à mon goût. Je n'ai rien compris aux magouilles en bourse d'Adnan et ses Ultra-collègues, par exemple, alors que c'est a priori l'un des éléments fondamentaux de l'intrigue.
- En comparaison, même s'il me paraît plus touffu en comparaison, j'ai préféré "Le fleuve des dieux", dont je garde un plus grand souvenir des mois après sa lecture que de "La maison des derviches" deux jours après l'avoir fini.