Court recueil regroupant seulement deux nouvelles, la lecture de la première aura été très sympathique. Sous Mao Zedong, dans une Chine en pleine révolution culturelle et prolétarienne, on suit la vie de quelques personnes composant une équipe au sein d'une brigade de commune populaire. Reflet de la tentative (ratée) du grand bond en avant de MZ, tout le monde crève la dale au sein de cette équipe. Un éleveur de vache doit faire castrer ses 3 veaux. Il n'a pas le choix, les vaches coûtent cher à entretenir et les cadres de la commune interdisent de les tuer car elles sont un outil important de production... alors il ne faut plus qu'il en naisse. Le neveu de cet éleveur, notre narrateur, est un adolescent dévergondé connu pour ses bêtises dans le village. On suivra ses pérégrinations à travers la commune pour la survit d'un de ces veaux mal castré. Pérégrinations remplies à la fois d'humour et de paroles censées. Finalement bien brave et vif d'esprit, il en vient à nous toucher au fil de l'histoire. Le veau, une nouvelle où l'écrivain réussit à mettre du beau dans un monde qui au premier coup d'oeil ne le paraitrait pas. Premier contact très plaisant avec l'univers de Mo Yan.
Enfin, ce veau qu'il aurait mieux fallu ne pas castrer pour ne pas en finir intoxiqué, peut être un clin d'oeil aux jeunes étudiants chinois de l'époque a qui la lecture du petit livre rouge n'aurait pas du être autant imposé ?
Pour ce qui en est de la seconde nouvelle, Le coureur de fond : ode à un ancien professeur atypique dont il en raconte ses souvenirs, je suis peut être passé à côté mais je n'y ai pas trouvé de grand interet. Alors que la lecture de la première nouvelle aura été très fluide et agréable, celle de cette seconde aura été plus laborieuse, ça traîne pour ne finalement pas dire grand chose.