Dmitry Glukhovsky nous livre ici une dystopie, construite sur un schéma classique de la science-fiction : une avancée technologique incroyable qui change les règles du monde, ici c'est l'éradication du vieillissement.
En effet, FUTU.RE se déroule dans un futur pas si éloigné où un vaccin contre toutes les maladies et la vieillesse a été développé. Ceci a donc engendré une croissance démographique exponentielle telle que l'intégralité de la surface de l'Europe s'est vue couvrir de buildings de plusieurs kilomètres de haut, et les États du monde ont du réagir pour empêcher une catastrophe démographique. En Europe, c'est la loi du choix qui régule les naissances : si un couple veut avoir un enfant, un des deux parents doit accepter de se faire injecter la vieillesse, et mourir en moins de dix ans. Les contrevenants à la règle sont traqués par une police spéciale : les Immortels, et les enfants illégaux sont enlevés pour renforcer leurs rangs.
L'auteur nous décrit ce monde par les yeux de Jan, un Immortel qui vit dans une minable pièce de neuf mètres cube qui va se retrouver plongé dans un tourbillon d'évènements .
Au fil des péripéties, nombreuses dans ces presque 750 pages, l'auteur glisse une critique acide de la société actuelle qui bien qu'éloignée technologiquement, n'est pas si éloignée sur le plan moral. Des sujets variés sont abordés : la religion, la mort, les manipulations génétiques, la crise des migrants, les artifices du pouvoir, etc... et leur traitement est plutôt judicieux, surtout que le point de vue interne est bien maîtrisé et arrive à faire ressentir la violence de certains passages sans jamais tomber dans le tire-larmes. On est clairement dans une science-fiction à but social : mettre en lumière nos travers par le biais d'un autre monde. Il est à noter que le livre est généralement sombre,
( une constante chez Glukhovsky jusqu'ici ) et parfois très cru .
Si le début peut être assez aride, j'ai eu du mal à passer le début, le récit s'accélère après et réussit à tenir en haleine jusqu'à la fin. Un livre que je ne saurais que recommander.