La Ligne Verte, lu après avoir vu le film en cours de religion, est vite devenu l'un de mes films préférés. J'avais déjà adoré le film, mais le lire fut encore mieux.
Nous entrons dans le milieu carcéral américain du siècle dernier avec Paul Edgecombe, s'occupant des pires criminels enfermés : ceux condamnés à mort. Mais quand John Coffey, ayant violé et tué deux fillettes arrive, le doute s'installe en lui.
L'histoire, somme toute simpliste, racontant la vie dans le bloc E prend une toute autre tournure avec ce condamné : qui est vraiment John Coffey ? Pourquoi ce grand Noir, placide et docile, a-t-il tué deux fillettes alors qu'il n'y parait pas ? Les petites touches de fantastique avec le "pouvoir" de Coffey peuvent paraître dérangeantes dans un univers où tout est vraisemblable et réaliste, car ce sont là les seules éléments hors du commun, mais elles se justifient. Sans cela, le livre n'aurait pas d'intérêt. Parce que c'est bien à cause de ce pouvoir que cet homme a été condamné.
Un livre qui est censé aussi nous faire réfléchir sur la peine de mort. Une critique contre celle-ci, somme toute. Cependant, personnellement, en lisant, ou même en voyant le film, je n'ai pas réfléchi à ce sujet. Peut-être que la critique n'était pas assez présente... assez accentuée. Il manquait quelque chose.
La chose qui fait aussi ce livre, c'est les personnages. Il y a John, touchant dans sa façon de faire, touchant dans sa façon d'être, Edgecombe, personnage principal dont la personnalité, à la première personne du singulier, nous paraît peut-être autre que si le livre avait été rédigé autrement, Percy, écœurant et dont le triste sort ne sera contesté par personne, Edouard Delacroix, qui malgré ses horribles actes est touchant, surtout avec sa souris... des personnages bien différents les uns des autres qu'on apprend à apprécier ou à détester, selon les cas.
Somme toute, il y a beaucoup de choses qui font que la Ligne Verte est un grand livre. Son histoire, ses personnages... même ces petits bouts surnaturels passent crème quand on le lit alors que normalement, ils n'auraient rien à faire là. Mais le personnage de John Coffey fait quand même la plus grande part de boulot, car on aurait aimé en savoir un peu plus sur cette personne au cœur immense et qui supporte le poids de la souffrance de telle façon qu'il préfère encore la mort pour en être soulagé. Jésus serait-il de retour ? Il y a quelques similitudes, en effet. Mais l'avis sur la question reste à l'appréciation de chacun.
Dans tous les cas, l'histoire triste du bloc E restera longuement dans ma mémoire.