Anesthésie Spatiale
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La beauté de la plume Stark, c'est que l'écrivain peut user le même point de départ sans jamais donner l'impression de se répéter. À l'instar d'Un petit coup de vinaigre, Le Défoncé ou Comeback, Le Septième démarre donc après la bataille : le braquage des caisses d'un stade s'est déroulé à merveille, les brigands n'avaient plus qu'à se tenir à carreau quelques jours. Le plus dur semblait derrière Parker et ses acolytes. Jusqu'à ce que le butin lui soit subtilisé, que le voleur professionnel se retrouve avec une morte sur les bras et la police à ses trousses. Trahison, malheureuse coïncidence ; le truand va devoir démêler cet imbroglio et surveiller ses arrières s'il tient à récupérer son magot. De préférence vivant.
L'aventure n°7 du brigand le plus glacial joue donc sur cette dichotomie proie/chasseur, renvoyant un jeu de miroir déformant entre Parker et son assaillant. La première partie évoque le thriller puisqu'on remonte petit à petit la piste de l'agresseur. Stark s'emploie à disséminer une brume d'incertitude qu'il transperce à coups d'impondérables, bien assez pour tenir son lecteur accroché. Arrivé à mi-parcours, l'auteur renverse la table avec une narration chorale, resserrant l'étau autour des 7 braqueurs. Ce qui permet de mettre le personnage phare du romancier à distance raisonnable, suffisamment pour rappeler sa dureté (on a presque de l'empathie pour son adversaire). Alors que l'issue est de plus en plus incertaine, la noirceur prend de plus en plus de place et c'est délicieux. La seule limite, je la situerai sur l'une des initiatives de Parker (se jeter dans la gueule du loup pour soutirer des informations), que je juge aberrante compte tenu de sa situation. Une invraisemblance que la dernière section - violente au possible - rachète sans trop de difficultés.
Créée
le 12 mai 2022
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