J'ai souvent entendu que Le Silmarillion était une lecture difficile. Le florilège de noms mentionnés peut être intimidant mais c'est une série de brouillons compilée par le fils de J. R. R Tolkien, dans une chronologie supposée, alors les répétitions sont nombreuses et permettent de saisir la généalogie rappelée par-ci par-là. Inutile donc de stresser à la lecture de dix nouveaux noms par chapitre puisqu'ils seront certainement répétés par la suite, si pertinence il y a (ou pas).
Pour de l'inachevé, les incohérences sont plutôt rares. Le récit est riche et condensé. Pas de temps pour détailler les beaux yeux de Galadriel (même si on parlera des cheveux d'une autre dans un élan plus lyrique) et on n'évoquera peut-être qu'une seule fois un certain personnage, frère de trois fils de (en les nommant tous évidemment), pour signaler qu'il existe. Quand même, on retrouve de la poésie, de la philosophie et du romantisme bien dosé.
Le tableau global est plutôt facile à appréhender. Les rappels sont fréquents, souvent faits au chapitre suivant, et ils sont suffisants. La géographie est peut-être un peu plus délicate à saisir mais c'est aussi le souci de vouloir décrire tout un pays avec seulement des mots; bien qu'une carte soit disponible à la fin du livre, je l'ai rarement consultée, peu soucieuse d'accorder récit et espace. Les descriptions de lieux au sein des chapitres sont un voyage suffisant.
Ce récit (ou plutôt ensemble de "chants") peut paraitre comme un étalage de noms fantaisistes au premier abord mais j'y ai trouvé une richesse suffisante pour ne pas le résumer à un simple index. Avant de conter des épopées comme on s'y attendrait, les premières pages sont longuement dédiées à la genèse; le pouvoir du chant, les Valar qui s'extasient à nourrir ce nouveau monde, et comment le chaos est né. J'ai trouvé cette partie particulièrement agréable à lire, elle fait parfaitement sens dans la logique qu'elle veut présenter.