Ce court roman, à moins qu'il ne s'agisse d'une grosse novella, d'Elise Fontenaille est écrit à la première personne du singulier. Le narrateur est Herb Charity et il travaille comme agent à la Cyber. Cette branche de la police de Vancouver traque les cyberpédophiles. Herb n'aurait jamais eu à y travailler, s'il n'avait commis l'erreur de s'attaquer à un juge.
En effet, rien ne le prédisposait à devenir policier. Mais il a eu une enfance qui a viré au cauchemar lorsque sa sœur Alys a disparu. Cette dernière avait pris rendez-vous avec quelqu'un sur internet, mais n'est jamais rentrée à la maison. Dès lors, Herb est devenu hacker et a visité tous les sites de la toile afin de retrouver sa sœur. En vain.
Pour la retrouver, même si, le temps passant, ses chances de réussites s'amenuisaient, il décida de traquer les cyberpédophiles. Et un jour il découvrit le disque dur d'un juge. Ayant communiqué ses données à la police, non seulement elles ne furent pas exploitées, mais Herb fut poursuivit et condamné à une peine de prison pour violation de la vie privée. Mais là il rencontra Coleen, la nouvelle responsable de la Cyber qui lui proposa de retrouver sa liberté en mettant ses connaissances d'hacker aux services de la Cyber, ce qu'il accepta.
Depuis il traque, avec son coéquipier Harper, les cyberpervers qu'ils vont arrêter au petit matin. Herb a fait son deuil d'Alys et s'investit dans son travail. Jusqu'à ce que les règles du jeu changent. Effectivement, lors d'une intervention, ils tombent sur un pervers attaché à son fauteuil, regardant ses saloperies en hurlant de douleur et en pleurant des larmes de sang. L'homme s'est fait implanter une puce qui stimule la douleur dès qu'il se livre à son vice et qui fait exploser ses vaisseaux sanguins oculaires. Ce n'est que le premier d'une longue série qui finira aveugle dans le meilleur des cas.
La puce porte un copyright étrange : Unica. Qu'est-ce donc ? Coleen découvrira que son agenda était espionné ce qui explique que les enfants observés avant les interventions puissent agir un temps avant la police. Qui est donc cette fillette aux cheveux blancs qui apparait sur les caméras de surveillance ? Herb tente de les piéger, mais se fait implanter une puce qui sera heureusement neutralisée pas les enfants avant d'avoir fait des dégâts irréparables. Que se passe-t-il donc ? Herb réussira-t-il à vaincre ses démons pour éclaircir cette enquête qui met le fonctionnement même de la Cyber en danger ?
Une superbe préface de Gérard Klein rend hommage à Elise Fontenaille et à tous ces écrivains qui rédigent des ouvrages de genre sans s'en défausser comme s'il s'agit d'une tache dans leur carrière. Récompensée par le Grand Prix de la Science-Fiction française 2008, elle succède à Catherine Dufour et à son « Goût de l'immortalité » avec qui elle partage une écriture chirurgicale. En effet, par des phrases courtes, elle frappe directement en écrivant juste. Ce roman est court, mais d'une grande qualité narrative et soulève une thématique dystopique classique de la science-fiction tout en le servant avec un style superbe. Une belle œuvre à découvrir.
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