Naked City – アブサン = Absinthe – (1993)
Voici le dernier album de la suite. Comme je vous l’ai déjà indiqué « Leng Tch’e » termine la suite sur le coffret, mais l’ordre chronologique le place avant ce qui constitue « Absinthe ».
Il existe un autre l’album sous le nom « Live Volume 1: Knitting Factory 1989 » signé par Naked City, mais il est de deux mille deux, et ne s’inscrit pas dans ce coffret, il est paru sur Tzadik dans les « Archival Series ». La pochette indique clairement qu’il se situe dans le prolongement du premier album de la série.
Il se trouve que le hasard m’a mis très récemment en relation avec un scientifique chercheur en « œnologie », les pinards, quoi. En discutant on a un peu discuté de l’absinthe, vous savez le truc des artistes d’alors, Verlaine, Baudelaire, Rimbaud, Van Gogh, Toulouse-Lautrec ou Modigliani qui auraient subi une influence bénéfique pour leurs œuvres…
Selon lui l’absinthe, la « liqueur verte » a été interdite car elle détruisait irrémédiablement les cellules du cerveau, à travers un de ses composants, je ne vous encourage pas à essayer. Revenons à cet album qui voit la disparition de Yamataka Eye, la formation se réduit à cinq sur cet album et connaît une nouvelle inflexion artistique, un nouveau tournant significatif.
Il sera dit que Zorn ne laissera pas en paix ses auditeurs et qu’il ne cultivera pas le même sillon. Ce qui, pourtant, aurait été d’évidence une facilité commerciale pour ce qui le concerne, mais Zorn est avant tout un créateur authentique qui suit sa ligne avec détermination, alors qu’est-ce que cet « Absinthe ? »
Le virage l’oriente vers une musique froide, désespérée et sans âme, certains la qualifieront d’industrielle, ce qui va bien. C’est malaisant et même parfois nauséeux, une sorte de voyage très dérangeant qui, forcément, ira à l’encontre de la masse des auditeurs, pris à contre-pied.
Pourtant il y a une sorte de beauté cachée dans cette désolation, une esthétique particulière qui ne flatte rien, sinon l’étrange dérangeant, glissant vers une impression mortuaire ou décadente, glacée et déclassée…
Zorn va à nouveau vers une sorte « d’au-delà », qu’il a pu signifier, par exemple et pour une autre raison, sur l’extrême et unique « Kristallnacht », lui aussi sorti sur « Avant », de cette même année quatre-vingt-treize. Ses préoccupations semblent se rejoindre, et la création de cette musique de l’outre-monde ou de l’en-deçà en dit tellement…
« …Rend Fou », le qualificatif collé à cet alcool, qui termine l’album dit tout de cette malédiction sordide… Les viticulteurs d’alors et les ligues anti-alcooliques s’accordèrent à l’époque, derrière le slogan: « Tous pour le vin, contre l’absinthe ! »