Nous y voila donc , dans cette cacophonie indigeste et anarchique de cuivres et de basses , ou l'aboutissement artistique du désir d'un homme d'explorer les confins de la tonalité et des limites de la liberté ! S'éloignant de la formule du quatuor hard bop pour s'orienter vers le free jazz , "Ascencion" enregistré en 1965 pour être libéré l'année suivante est une performance continue de 40 minutes (Part 1: 19 minutes ; Part 2 : 19:41) avec des passages d'ensemble et sans interruption .
Coltrane ne donne aucune indication à ses musiciens pour leurs solos , excepté les terminaisons par un crescendo . Une collective improvisation . Pas pour rien que j'ai choisi ce mot puisque cinq ans plus tôt Ornette Coleman sortait un album évoquant le mouvement free jazz alors naissant : "Free Jazz : A collective improvisation " ; l'unique album du Ornette Colemen Double Quintet (mais cinquième album du saxophoniste) dont on peut dire qu'"Ascencion" s'inspire de ce modèle . Dans une entrevue radiophonique , le Trane décrit son "Ascencion" ^^ comme un big band .. Allez faire croire ça à des gens qui n'ont pas l'esprit aventureux et qui considérons en l'écoutant qu'il s'agit plus du bruit dissonant et ne ressentiront aucune sensibilité aux barrages sonores incontrôlés . Bref , esprits ouverts ou ceux qui préfère écoutait de la musique en fond sonore ,quelque soit la sensibilité ,l'album , "Ascencion" a été considéré par les spécialistes comme l'album phare du Trane car , il aura servi de flambeau au free jazz (on pense au Art Ensemble of Chicago ou encore à Sonny Sharrock et son "Black Woman"-1969-)
"Ascencion" et sa bande de gagnant :
Elvin Jones à la batterie , Jimmy Garrison et Art Davis à la Basse , McCoy Tyner au Piano , Pharoah Sanders , Archie Shepp et le Trane au Tenor Sax , Marion Brown et John Tichai à l'Alto et pour finir Freddie Hubbard et Dewey Johnson à la Trompette .
Voila ...
Prochain épisode : son album le plus beau est le plus discuté : "Infinity" (ou devrais dire The case Alice Coltrane :-) )