Sandra Nkaké – Scars (2023)
« Sandra Nkaké », un nom qui revient de temps en temps dans ce coin, à l’occasion de l’album de deux mille douze « Nothing For Granted » dont j’avais parlé ici, mais également pour son partenariat avec Jî Drû, car les deux avancent ensemble, que ce soit sur « Western », « Fantômes » ou encore sur le bien vu « Tribe From The Ashes ».
Pourtant les deux sont branchés jazz, mais s’en échappent facilement, et même davantage Sandra Nkaké que Jî Drû, car il faudra beaucoup d’imagination pour appeler ce que l’on entend ici « jazz », en fait c’est carrément pop selon moi, maintenant c’est pas mal foutu et apparemment la presse jazz apprécie puisqu’on en parle sur les deux magazines français spécialisés.
Du coup c’est avec un œil un peu goguenard que je vois ici quatre étoiles, les mêmes qui sont refusées à des jazzmen tellement plus orthodoxes, mais je m’égare, entraîné par mes mauvais penchants. D’autant que, c’est vrai, l’album est plutôt sympa, bien réussi dans son genre, avec des chants en anglais, mais aussi en français, un challenge auquel Sandra ne nous avait pas habitué.
Ainsi, ce sont peu ou prou les mêmes musiciens qui se côtoient, formant une petite tribu d’amis qui se connaissent et s’apprécient, à chaque fois ça fonctionne bien, on retrouve des ingrédients communs, mais aussi des spécificités propres à chaque album, de quoi percevoir de fortes personnalités avec des sensibilités personnelles, que ce soit au travers des thèmes abordés que des styles.
Reste ce sentiment de douce chaleur qui imprègne l’album, ces sons caressants et bienveillants, cette douceur rassurante qui s’échappe du sillon, tout ce qui fait de ce mélange habile comme un baume qui réconforte et apaise.
Celui-ci est assez engagé pourtant, « un manifeste pour la sororité » nous indique l’autocollant promotionnel collé sur le cello entourant la pochette du vinyle, bon rien de punk ici, ça va assez dans le sens où souffle le vent, rebelle mais chic, tout de même.
L’album semble avoir été très bien accueilli par la presse en général, du « Monde » aux « Inrocks » en passant par l’ « Huma » et « FIP », ça devrait rouler pour Sandra qui le mérite bien. Le pressage vinyle est très bon pour ce qui me concerne.